‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 351 sur 446 · I.ISB · texte numérisé non relu

I.ISB

Est-il bien vrai , malheureux que tous étesi Qu'enfin dômpunt vos fougues indiscrètes, Dans votre cœur, en efFet combattu, Tant d'infortune ait produit la vertu ?

BUPHBMOH fils.

Qu'importe, hélas! que la vertu m'éclaire? Ah ! j'ai trop tard aperçu sa lumière ! Trop vainement mon cœur en est épris, De la vertu je perds en vous le prix.

LISE

Mais répondez, Euphémon, puis*je croire * Que vous avez gagné cette victoire ?

Consultez- vous, ne trompez point mes vœux ; Seriez-vous bien et sage et vertueux ?

BUPREMON fils.

Oui , je le suis, car mon cœur vous adore.

LISB.

Vous, Euphémon! vous m'aimeriez encore?

BUPREMON fils.

Si je vous aime ? hélas ! je n'ai vécu Que par l'amour , qui seul m'a soutenu. J'ai tout souffert, tout jusqu'à l'infamie; Ma main cent fois allait trancher ma vie ; Je respectai les maux qui m'accablaient ; J'aimai mes jours, ils vous appartenaient. Oui, je vous dois mes sentimens, mon être. Ces jours nouveaux qui me luiront peut-être ; De ma raison je vous dois le retour , Si j'en conserve avec autant d'amour.

THBATEB. TOMB II. 3o

466 rENFANT PRODIGUE,

Ne cachez point à mes yeux pleins de larmes Ce front serein , brillant de nouveaux charmes : Regardex-moi , tout change que je suis; Voyez Feffet de mes cruels ennuis.

De longs remords, une horrible tristesse, Sur mon visage ont flétri la jeunesse.

Je fus peut-être autrefois moins affreux ; Mais voyez-moi, c'est tout ce que je veux.

LISE

Si je TOUS vois constant et raisonnable , C'en est assez , je vous vois trop aimable.

SUPHSMON fils.

Que dites-vous ? juste ciel ! vous pleurez ?

LISE, k Marthe.

Ah ! soutiens-moi , mes sens sont égarés. Moi , je serais l'épouse de son frère !... N'avez- vous point vu déjà votre père?

BCPH^MON fils.

Mon front rougit; il ne s*est point montré A ce vieillard que j'ai déshonoré :

Haï de lui, proscrit sans espérance.

J'ose l'aimer, mais je fuis sa présence.

LISE

Eh! quel est donc votre.projet enfin?

EUPRBMON fils.

Si de mes jours Dieu recule la fin.

Si votre sort vous attache à mon frère , Je vais chercher le trépas à la guerre ; Changeant de nom aussi-bien que d'état.

Avec honneur je servirai soldat.

Peut-être un jour le bonheur de mes armes Fera ma gloire, et. m'obtiendra vos larmes. Par ce métier l'honneur n'est point blessé ;

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