‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 361 sur 446 · SCÈNE IL LISE, MARTHE, JASMIN · texte numérisé non relu

SCÈNE IL LISE, MARTHE, JASMIN

LISE

Eh bien ! Jasmin , qu a-t-on fait?

JASMIN

Avec gloire J*ai soutenu mon interrogatoire; Tel qu un fripon blanchi dans le métier^ J'ai répondu sans jamais m'eCBrayer.

L'un TOUS traînait sa voix de pédagogue , L'autre braillait d'un ton cas, d'un air rogue; ^ Tandis qu'un autre , avec un ton flûte , Disait : «Mon fils, sachons la vérité. » Moi, toujours ferme, et toujours laconique. Je rembarrais la troupe scolastique.

LISE

On ne sait rien ?

JASMIN

Non , rien ; mais dès demain On saura tout, car tout se sait enfin.

LISE

Ah ! que du moins Fierenfat en colère N'ait pas le temps de prévenir son père : Je tremble encore, et tout accroît ma peur ; Je crains pour lui, je crains pour mon honneur. Dans mon amour j'ai mis mes espérances ; Il m'aidera....

MARTHE

Moi , je suis dans des transes Que tout ceci ne soit cruel pour vous ;

Car nous avons deux pères contre nous , Un président , les bégueules , les prudes. Si vous saviez quels airs hautains et rudes, Quel ton sévère , et quel sourcil froncé , De leur vertu le faste rehaussé Prend contre vous ; avec quelle insolence Leur àcreté poursuit votre innocence :

Leurs cris, leur zèle et leur sainte fureur Vous feraient rire , ou vous feraient horreur.

XASMIir.

J'ai voyagé , j*ai vu du tintamarre :

Je n'ai jamais vu semblable bagarre :

Tout le logis est sens dessus dessous.

Ah! que les gens sont sots, méchans, et fous !

On vous accuse, on augmente, on murmure;

En cent faiçons on conte l'aventure.

Les violons sont déjà renvoyés,

Tout interdits, sans boire, et point payés;

Pour le festin six tables bien dressées

Dans ce tumulte ont été renversées.

Le peuple accourt , le laquais boit et rit ,

Et Rondon jure, et Fierenfat écrit.

LISB.

Et d'Euphémon le père respectable.

Que £iit-il donc dans ce trouble effroyable?

XAETHE.

Madame, on voit sur son front éperdu Cette douleur qui sied à la vertu ; Il lève au ciel les yeux; il ne peut croire Que vous ayez d'une tache si noire Souillé l'honneur de vos jours innocens ; Par des raisons il combat vos parens : En6n , surpris des preuves qu'on lui donne,

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