Z17LIMB
Ramire esclave! lui?
MOHABIR*
C'est un titre qui rend Notre affront plus sensible, et son crime plus grand*. Quoi donc ! un Espagnol ici commande en maître! A peine devant vous m'a-t-on laissé paraître;
5o6 ZULIME,
A peîne'fti-je percé la foule des sbl&ts
Qui veillent à 8a garde , et qui «uivent vos pas.
Vous plêam malgré tous ; la nature outragée
Déchire, en s indignant, votre âme partagée.
A vos justes remords n osea-vou» vous livrer ?
Quand on pleure sa faute , on va la réparer.
▲TIDB.
Respectez plus ses pleurs , et calmez votre zèle :
Il ne m'appartient pas de répondre pour elle;
Mais je suis dans le rang de ces infortunés
Qu'un maître redemande, et que vous condamnez.
Je fus comme çux esclave, et de leur innocence
Peut-être il m'appartient de prendre la défense.
Oui, Ramire a dun maître éprouvé les bienfitits;
Mais vous lui devez plus qu'il ne vous dut jamais.
C'est Ramire, c'est lui, dont l'étonnant courage,
Dans vos murs pris d'assaut et fomans de carnage.
Délivra votre émir, et lui donna le temps
De dérober sa tète au fer des Turcomans ;
C'est lui qui, comme un dieu veillant sur sa famille»
Ayant sauvé le père , m. défendu la fille :
C'est par ses seuls exploits enfin que vous vivez.
Quel prix a-t-il reçu ? seigneur, vous le savez.
Loin des murs tout sanglans de sa ville alarmée,
Bénassar avec peine assemblait une armée;
Et quand vos citoyens, par nos soins respirans,
A quelque ombre de paix ont porté vos tyrans ,
Ces Turcs impérieux, qu'aucun devoir n'arrête.
De Ramire et des siens ont demandé la tête;
Et de votre divan la basse cruauté
Souscrivait en tremblant à cet affreux traité.
De Zulime pour nous la bonté généreuse
Tous épargna du moins une paix si honteuse.