ACTE I, SCENE II. Soj
J'étais votre captive, et vous ma protectrice ; Je ne pouvais prétendre à ee grand sacrifice : Mais Ramire ! un héros du ciel abandonné, Lui qui, dé Bénassar esclave infortuné, A prodigué son sang pour Bénassar lui-même; Enfin , que vous aimez....
XULIMB.
Atide, si je Faime!
C*est toi qui découvris, dans mes esprits troublés , De mon secret penchant les traits mal démêlés ; C'est toi qui les nourris , chère Atide ; et peut-être En me parlant de lui c'est toi qui les fis naître : C'est toi qui commenças mon téméraire amour^ Ramire a fiût Iç reste en me sauvant le jour* J'ai cru fuir nos tyrans , et j ai suivi Ramire. J'abandonne pour lui parens , peuples, empire; Et , frémissant encor deses périls passés. J'ai craint dans mon amour de n'en point faire assez. Cependant loin de moi se peut-il qu'il s'arrête? Quoi ! Ramire aujourd'hui , trop sûr de sa conquête. Ne prévient point mes pas , ne vient point consoler Ce cœur trop asservi , que lui seul peut troubler ! •
▲TIDB.
Eh ! ne voyez-vous pas avec quelle prudence De l'envoyé d'un père il fuyait la présence ?
ZULIMB.
J'ai tort, je te l'avoue : il a dû s'écarter; Mais pourquoi si long-temps?
▲TIDB.
A ne vous point flatter, Tant d'amour, tant de crainte et de délicatesse , Conviennent mal, peut-être , au péril qui nous presse; Un moment peut noos'perdre, et nous ravir le prix
Sio SULIMi:,
De tant d'henrmx trtytux par ramour entrepris ;
Entre cet océaa , eet rodiers et l'armëe,
Ce jour, ce même jour peut tous Toir enfiermée.
Trop d'amour tous égare ; et les cœurs si troubles
Sur leurs vrais Intérêts sont toujours aveuglés.
ZVLIMB.
Non , sur mes intérêts c'est Tamonr qui m*édaire ; Ramire va presser ce départ nécessaire : L'ordre dépend de lui; tout est entre ses mains; Souverain de mon âme, il l'est de mes destins.. Que fiitt^il? est«ce vous , est-oe moi qu'il évite P
ATIDB.
Le voici.... Ciel, témoin du tronUe qui m'agite, Ciel 9 renferme à jamais dans ce sein malheureux Le funeste secrtt qui nous perdrait tous deux!