‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 378 sur 446 · SCÈNE IL ZULIME, ATIDE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL ZULIME, ATIDE

ZVIilME.

Ah ! je succombe, Atide ; et ce cœur désole Ne soutient plus le poids dont il est accablé. Vous voyez ce que j'aime, et ce que je redoute ^ Une patrie, un père ; Atide! ah , qu*il en coûte ! Que de retours sur moi ! que de tristes efforts ! Je n*ai dans mon amour senti que des remords, (r) D*un père infortuné vous concevez l'injure ; Il est affreux pour moi d'offenser la nature : Mais Ramire expirait, vous étiez en danger. « Est-ce un crime, après tout, que de vous protéger? Je dois tout à Ramire ; il a sauvé ma vie. A ce départ enfin vous m'avez enhardie : Vos périls, vos vertus , vos amis malheureux, Tant de motifs puissans , et Tamour avec eux. L'amour qui me conduit ; hélas ! si l'on m'accuse , Voilà tous mes forfaits : mais voilà mon excuse. Je tremble cependant; de pleurs toujours noyés, De l'abîme où je suis mes jeux sont effrayés.

▲TIDB.

Hélas ! Ramire et moi nous vous devons la vie; Vous rendez un héros , un prince à sa patrie ; Le ciel peut-il haïr un soin si généreux f Arrachez, votre amant à ops bords dangereux. Ma vie est peu de chose ; et je ne suis encore Qu'une esclave tremblante en des lieux que j'abhftrre^ Quoique d'assez grands rois mes aïeux soient issus ^ Tout ce que vous quittez est encore a^u-des^us.

Page 1