‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 384 sur 446 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

RAMIRE, ATIDE.

AXIDB.

Vous n'irez point sans moi : non, cruel que vous êtes. Je ne souffrirai point vos fureurs indiscrètes. Cher objet de ma crainte, arbitre de mon sort , Cher époux , commencez par me donner la mort. Au nom des noeuds secrets qu'à son heure dfixnière De ses mourantes mains vient de former .mon. père, D^ ces nœuds dangereux dont nous avons promis . De dérober l'étreinte à des yeux ennemis, ... Songez aux droits sacrés que j'ai sur votre vie ; Songez qu'elle est à moi, qu'elle est à la patrie ;

THiATEK. TOXB II. 33

9f4 2ULÏME,

Que Valence dans vous redemande un rengenr» Allez la déliTTer de 1* Arabe oppresseur; Quittez, sans plus tarder, cette rhre fiitale ; Partez , vivez , régnez , f&t^e avec ma rivale.

AAKiaB.

Non , désormais ma vie est un tissu d'horreurs; Je rougis de moi-même, et surtout de vos pleura Je suis né vertueux, j'ai voulu toujours Tétre; Voulez-vous me changer? chéririez«>vous un traître? J*ai subi Tesclavage et son poids rigoureux ; Le fardeau de la feinte est cent fois plus aflfreux. J'ai connu tous les maux, la vertu les surmonte; Mais quel cœur généreux peut supporter la honte? Quel supplice effrojable alors qu'il Êiut tromper. Et que tout mon Secret est prêt à m'échapper!

ATtnti.

Eh bien ! allez ^ parlez, armez sa jalousie , J'y consens ; mais , cruel , n'exposez que ma vie ; N'immolez que l'objet pour qui vous rougissez , Qui vous forait à feindre , et que vous baissez.

EAMtax.

Je vous adore, Atide, et l'amour qui m'enflamme Ferme à tout autre objet tout accès dans mon âme: Mais plus je vous adore , et plus je dois rougir De fuir avec Zulime afin de la trahir. Je suis bien malheureux, si votre jalousie^ Joint ses poisons nouveaux aux horreurs de ma vie! Entouré de forfidto et d'infidélités , Je les commets pour vous , et vous seule en doutez. Ah ! mon crime est trop vrai , trop affreux envers elle;. Ce cœur est un perfide, et c'est pour vous , cruelle!

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