‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 388 sur 446 · SCÈNE IL ZULIME, RAMIRE, SÉRAME · texte numérisé non relu

SCÈNE IL ZULIME, RAMIRE, SÉRAME

ZULIKE.

Oui , nous touchons , Ramire, à ce moment prospère

Qui met en sûreté cette tête si chère.

En vain nos ennemis (car j'ose ainsi nommer

Qui voudrait désunir deux cœurs nés pour s'aimer ) ,

En vain tous ces guerriers , ces peuples que j'offense^

De mon malheureux père ont armé la vengeance.

Profitons des instans qui nous sont accordés :

L'amour nous conduira, puisqu'il nous a gardés;

Et je puis dès demain rendre à votre patrie

Ce dépôt précieux qu'à moi seul il confie.

Il n^ me reste plus qu'à m'attacher à vous

• ACTE II, SCENE II. Sai

Par les noeuds éternels et de femme et d*ëpoux : Grâce à ces noms si saints , ma tendresse épurée En est plus respectable , et non plus assurée. Le père, les amis que j'ose abandonner, Le ciel , tout l'univers, doiyent me pardonner ^ Si de tant de héros la déplorable fille Pour un époux si cher oublia sa famille. Prenons donc à témoin ce Dieu de Tuni^ers , Que nous servons tous deux par des cultes divers; Attestons cet auteur de Tamour qui nous lie , Non que votre grande &me à la mienne est tmie ( Nos cceurs n*ont pas besoin de ces vœux solennels) ; Mais que bientôt, seigneur, au pied de vos autels Vos peuples béniront, dans la même journée. Et Totre heureux retour, et ce grand hyménée. Mettons près des humains ma gloire en sûreté ; Du Dieu qui nous entend méritons la bonté : Et cessons de mêler , par trop de prévoyance y Le poison de la crainte à la douce espérance.

RAXIRI.

Ah ! vous percez un cœur destiné désormais -

A d'étemels tourmens, plus grands que vos bienfaits.

ZULIMB.

Eh ! qui peut vous troubler, quand vous m'avez su plaire? Les chagrins sont pour moi ; la douleur de mon père, Sa vertu, cet opprobre à ma fuite attaché , ,

Voilà les déplaisirs dont mon cœur est touché ': Mais vous qui retrouvez un sceptre, une couronne , Vos parens, vos amis, tout ce que j'abandonne , Qui de votre bonheur n'avez point à rougir ; Vous qui m*aimez enfin....

EJlKIEB.

Pourrais-je vous trahir?

5m ZULIME»

Non , je ne puû«

XUItlUB.

Hélas ! je tous en croU lani peîn« :

Vons sauvâtes met jours , je brisai voti» chaîne ; Je vois en tous, Bamirei un vengeur , un époun : Vos bienfaits et les miens , tout me r^nd de ToqflL

RAMins.

Sous un ciel inconnu le* destin tous enreie.

ZUI^IMB.

Je le sais , je le toux , je le cherche a^vec joie; G*est tous qui m*y guidez.

aAKIBB.

C'est à tous de iuger Qu'on a tout à souffrir chez un peuple é^anger; Cotttumesi préjugés, mœurs, contraintes nouvelles , Abus devenus droits , et lois souvent cruelles.

ZDI.IKB.

Qu'importe à notre amour ou leurs monirs ou leurs droits? Votre peuple est le mien, vos lois seront mes lois. J'en ai quitté pour vous, hélas^! de plus sacrées; Et qu'ai-je à redouter des mosurs de vos contrées ? Quels sont donc les humains qui peuplent vos états ? Ont-ib bit quelques lois pour fermer des ingrau ?

AAMIEB.

Je suis loia d'être ingrat; non , mon cçeur ue peut l'être;

Zyi.Il|B.

Sans doute..;.

HAHII^B.

Mais en moi vous ne verriez qu'un traître. Si, tout prêt à partir , je cachais à vos yeux Un obstacle &tal opposé par les cieux.

ZULIVX.

Un obstacle!

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