RAMI&B
Zulime est un objet sacré Que mes profanes yeux n ont point déshonoré. Tu coûtas plus de pleurs à son àrae séduite Que n'en coûte à tes yeux sa déplorable fuite. Le temps fera le reste ; et tu verras un jour Qu'il soutient la nature, et qu'il détruit l'amour : Et si dans ton courroux je te croyais capable D'oublier pour jamais que ta fille est coupable. Si ton cœur généreux pouvait se désarmer , Chérir encor Zulime....
AÉNASSAR.
Ah ! si je puis l'aimer!
Que me demandes-tu? conçois- tu bien la joie
Du plus sensible père au désespoir en proie ,
Qui , noyé si long-temps dans des pleurs superflus ,
Reprend sa filte enfin , quand il ne l'attend plus ?
Moi , ne la plus chérir ! Va , ma chère Zulime
Peut ayec un remords effacer tout son crime;
Va , tout est oublié , j*en jure mon amour :
Mais puis-je.à tes sermens me fier à mon tour?
Zulime m*a trompé ! Quel cœur n'est point parjure i^
Quel cœur n'est point ingrat ?
aAMIRB.
Qtie le tien se rassure.
Atide est dans ces lieux ; Atide est, comme moi , Du sang infortuné de notre premier roi : Nos captifs malheureux , brùlans du même zèle y N'ont tout fait avec moi, tout tenté que pour elle; Je la livre en otage , et la mets dans tes mains. Toi , si je fais un pas contraire à tes desseins , Sur mon corps tout sanglant verse le sang d' Atide : Mais si je suis fidèle , et si l'honneur me guide, Toi-même arrache Atide à ces bords ennemis, Appelle tous les tiens , délivre nos amis. Le temps presse : peux-tu me donner ta parole ? Peux- tu me seconder?
BBNASSAR.
Je le puis, et j'y vole.
Déjà quelques guerriers, honteux de me trahir, Reconnaissent leur maître, et sont prêts d'obéir. Mais aurais-tu , Ramire , une âme assez cruelle'. Pour abuser encor mon amour paternelle ? Pardonne à mes soupçons.
EÂMiaS.
Va , ne soupçonne rien ;