‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 404 sur 446 · RAMI&B · texte numérisé non relu

RAMI&B

Zulime est un objet sacré Que mes profanes yeux n ont point déshonoré. Tu coûtas plus de pleurs à son àrae séduite Que n'en coûte à tes yeux sa déplorable fuite. Le temps fera le reste ; et tu verras un jour Qu'il soutient la nature, et qu'il détruit l'amour : Et si dans ton courroux je te croyais capable D'oublier pour jamais que ta fille est coupable. Si ton cœur généreux pouvait se désarmer , Chérir encor Zulime....

AÉNASSAR.

Ah ! si je puis l'aimer!

Que me demandes-tu? conçois- tu bien la joie

Du plus sensible père au désespoir en proie ,

Qui , noyé si long-temps dans des pleurs superflus ,

Reprend sa filte enfin , quand il ne l'attend plus ?

Moi , ne la plus chérir ! Va , ma chère Zulime

Peut ayec un remords effacer tout son crime;

Va , tout est oublié , j*en jure mon amour :

Mais puis-je.à tes sermens me fier à mon tour?

Zulime m*a trompé ! Quel cœur n'est point parjure i^

Quel cœur n'est point ingrat ?

aAMIRB.

Qtie le tien se rassure.

Atide est dans ces lieux ; Atide est, comme moi , Du sang infortuné de notre premier roi : Nos captifs malheureux , brùlans du même zèle y N'ont tout fait avec moi, tout tenté que pour elle; Je la livre en otage , et la mets dans tes mains. Toi , si je fais un pas contraire à tes desseins , Sur mon corps tout sanglant verse le sang d' Atide : Mais si je suis fidèle , et si l'honneur me guide, Toi-même arrache Atide à ces bords ennemis, Appelle tous les tiens , délivre nos amis. Le temps presse : peux-tu me donner ta parole ? Peux- tu me seconder?

BBNASSAR.

Je le puis, et j'y vole.

Déjà quelques guerriers, honteux de me trahir, Reconnaissent leur maître, et sont prêts d'obéir. Mais aurais-tu , Ramire , une âme assez cruelle'. Pour abuser encor mon amour paternelle ? Pardonne à mes soupçons.

EÂMiaS.

Va , ne soupçonne rien ;

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