‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 407 sur 446 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ZULIME, SÉRAME.

SBRAMS.

1\bherciez le ciel, au comble des tourmens, D'avoir long-temps perdu Tusage de vos sens ; Il vous a dérobé , propice en sa colère , Ce combat effrayant d'un amant et d'un père.

ZULIMB, jetée dans un fauteuil, et revenant de son éyanouissetnent. O jour, tu luis encore à mes yeux alarmés, Qu'une éternelle nuit devrait avoir fermés ! O sommeil des douleurs ! mort douce et passagère ! Seul moment de repos goûté dans ma misère ! Que n'es-tu plus durable? et pourquoi laisses-tu Rentrer encor la vie en ce cœur abattu?

( se relevant. ) Où suis-je? qu*a-t-on fait? ô crime! à perfidie! Bamire va périr ! quel monstre m'a trahie ? J'ai tout fait, malheureuse! et moi seule, en un jour, J'ai bravé la nature , et j*ai trahi l'amour. Quoi! mon père, dis-tu, défend que je rapproche?

siRAXB.

Plus le combat, madame , et le péril est proche , Plus il veut vous sauver de ces objets d'horreur. Qui , présentés de près à votre faible cœur ,

THéâTEB. TOME II. 35

Et redoublant les maux dont l'excès vous dévore,

PeHt«élre toi» rendraient plus criminelle encore.

ZULIMB.

Qu'est devenu Ramire ?

SiBAMB.

Ai-je donc pu songer, Dans ces malheurs communs, qu'à votre seul danger? Âi-je pu m'occuper que du mal qui vous tue?

ZULIMB.

Qu'est-ce qui s'est passé ? quelle erreur m'a perdue? Ah ! n'ai-je pas tantôt , dans mes transports jaloux , Des miens contre Ramire allumé le courrom ? J'accusais mon amant ; j'eus trop de violence; On m'a trop obéi : je meurs de ma vengeance. Ya, cours, informe^toi des funestes effets Et des crimes nouveaux qu'ont produits mes forfidts. Juste ciel ! je partais, et sur la foi d'Atide! M'aurait-elle trahie? On m'arrête. Ah, perfide L. N'importe, apprends-moi tout, ne me déguise rien. Rapporte-moi ma mort : va, cours, vole, et revien.

SBBAXB.

Je vous laisse à regret dans ces horreurs mortelles.

ZVLIMB.

Va, dis-je. Ah ! j'en mérite encor de plus cruelles !

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