DES ÉDITEURS DE L'ÉDITION DE KEHL
Cbttb pièce fat jouée en 1784 sans ancun succès. M.'de Voltaire la fit reparaître an théâtre en 1752, sons le nom dn Duc de Foix, avec des changemens. Elle réussit alors ; et c'est sons ce titre qu'elle a été d'abord insérée dans l'édition des OEnyres de l'antenry arec la préface suivante :
« Le fonds de cette tragédie n'est point une fiction. Un duc de « Bretagne 9 en 1387,'conmianda au seigneur de Bavalan d'assas- « siner le connétable de Clisson. Bayalan, le lendemain, dit au: « duc qu'il avait obéi : le duc alors , voyant toute l'horreur de « son crime, et en redoutant les suites funestes ,. s'abandonna an « plus violent désespoir. Bavalan le laissa quelque temps sentir « sa faute, et se livrer au repentir; enfin il lui apprit qu'il l'avait « aimé asses pour désobéir à ses ordres , etc.
« On a transporté cet événement dans d'autres temps et dans « d'autres pays , pour des raisons particulières. »
En 1765, on a donné cette pièce sous son véritable titre;' elle eut le plus grand succès , et c'est une des pièces de M. de Voltaire qui font le plus d'effet au théâtre. Lorsqu'elle parut en 1734 , il venait de publier le Temple du Goût. On ne voulut point souffrir qu'il donnât à la fois des leçons et des exemples. En 1765, on né fut que juste. Nous joignons ici le fragment d'une lettre que M. de Voltaire écrivit alors à un de ses amis à Paris.
« Quand vous m'apprites, monsieur, qu'on jouait à Paris une % Adélaïde du GuescUn avec quelque succès , j'étais très loin < dlmaginer que ce fût la mienne; et il importe fort peu au « public que ce soit la mienne ou celle d'un autre. Vous savez « ce que j'entends par le public. Ce n'est pas l* univers, comme % nous autres barbouilleurs de papier l'avons dit quelquefois! t Le public , en fait de livres , est composé de quarante ou cin- « quante personnes, si le livre est sérieux; de quatic^ ou cinq