‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 444 sur 446 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

BÉNASSAR, ZULIME, MOHADIR. suite.

XULIMK.

Novy n'allez pas plus loin, frappez et Tcngez-yous; Ce cœur, plein de respect , se présente à Vos coups. Je ramène à tos pieds tous ceux qui m'ont suivie ; Maître absolu de tout , arfachez-inoi la yie.

séHASSAR.

Fille indigne du jour, est-ce toi que je voi ?

ZULIMX.

* Pour la dernière fois , seigneur, écoutez-moi.

Le triste emportement d'une amour criminelle

N'arma point contre vous votre fille rebelle ;

Pour vous contre Ramire elle aurait combattu ,

Et jusqu'en sa faiblesse elle a de la vertu.

Ramire autant que moi vous révère et vous. aime. *

Ce héros , il ^t vrai , né pour le rang, suprême..

Dans des fers odieux voyait flétrir ses jours :

On les menaçait même , et j'offris mon secours.

De lui y de ses amis , je réglai la conduite ;

Je dirigeai leurs pas , je préparai leur fuite :

l'ai tout fait , tout tenté : n'imputez rien à lui.

Hélas ! ce n'est <|u'à moi de m'en plaindre aujourd'hui.

Je sais qu'à vos douleurs il faut une victime :

Frappez , mais choisissez. Son malheur fit son crime ;

L'adorer est le mien. C'est è vous de venger

Ce crime que peut-être il n'a pu partager.

Mon père , car ce nom ^ œ saint nom qui me touche ,

Est toujours dans mon fosur , ainsi que d|uu ma bouche ;

Par ce lien du sang , si cher et si sacré ,

Par tous les sentimens que je vous inspirai ,

Par nos malheurs communs dont le Hfoxleaii m'acoable ,

Percez ce conir trop bîUe ; U est le seul coafMble. Répandez tout ce ung que yoiu m'arez domiè ; Des fureurs de ramoor ce sang empcnsonné , Ce sang dégénéré dans votre fille impie : Trop d'horrenr en ces lieux assiégerait ma vie , Après un tel éclat , s'il n'est point mon époux , L'opprobre seul me reste , et retombe sur tous. Fbnr sauver votre gUnre à ce point prolanée , n me laut de vos mains la mort ou Thyménée. Mais l'une est le seul bien <pie je doive espérer ^ Le seul que je mérite et que j*ose implorer ; Le seul qui puisse éteindre un feu qui tous outrage. Ah ! ne détournez point votre auguste visage. Voyez-moi : laissez-moi , pour comble de faveurs. Baiser enoor vos mains , les baigner dermes pleurs , Vous bénir , vous aimer an moment que j'expîro^ Mais pardonnez « mon père , au malheureux Ramîr» : Et si ce coBur sangbnt vcms touche de pitié , Laissez vivre de moi la plus chère moitié.

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