‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 445 sur 446 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

EAMiaB.

J'ai mérité la mort , et je sais qu'elle est prête : C'est trop laisser le fer suspendu sur ma tête. Frappe , mais que ton cœur, de vengeance occupé. Apprenne que le mien ne t'a jamais trompé. Pour otage en tes mains j'avais remis Atide ; Avec un tel garant ponvais-je être perfide ?

* Va , Ramire était loin de te manquer de foi :

* Bénassar , mes sermens m'étaient plus chers qu'à toi ;

* Tu m'as trop mal connu , c'est ta seule injustice ,

* Que ce soit îa dernière , et que dans mon supplice

* Des cœurs plems de vertu ne soient point entraînés !

SélTASSAn.

* Le oiel è d'antres soins nous a tous destinés. Je ne suis point barbare : et jamais ma furie Ne perdra le héros qui conserva ma vie.

* Un amour emporté , source de nos malheurs p

Plus fort que mes bontés , plus fort que mes rigueurs ,

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T'assemt pour jamais ma fille infortunée. Je dois ou détester sa tendresse effrénée , Vous en punir tous deux , ou la mettre en tes bras.

* Sois son époux , Ramire , et règne en mes états.

Vis pour elle et pour moi , combab pour nous défendrez Soyons tous trois heureux , sois mon fils , sois mon gendre.

Ah y mon père ! ah , Ramire ! ah , jour de mon bonheur !

▲ TIDB.

* O jour affreux pour tous !

JIAMXILK.

Vous me Toyez , seigneur « Accablé , confondu de cette grAce insigne Que TOUS daignez me faire , et dont je suis indigne.

* Votre fille , sans doute , est d'un prix à mes yeux Au-dessus des états fondés par ses aïeux ;

Mais le ciel nous sépare. Apprenez Fun et l'autre

* Le secret de ma vie , et mon sort , et le vôtre.

* Quand Zulîme a daigné , par un si noble effort,

* Sauver Atide et moi des fers et de la mort ,

* Idamore , un ami qu'aveuglait trop de zèle ,

* Séduisait sa pitié , qui la rend criminelle :

* n promettait mon. coeur , il promettait ma foi ;

* n n'en était plus temps , je n'étais plus k moi , Les nœuds les plus sacrés , les lois les plus sévères , Ont mis entre nous deux d'éternelles barrières :

Je ne puis accepter vos augustes bienfaits ,

* Je ne piiis réparer les malheui^ que j'ai faits ;

* Madame , ainsi le veut la fortune jalouse;

* Vengez-vous sur moi seul : Atide est mon épouse.

ZULIMB.

Ton épouse ? perfide !

BAMIBK.

Élevés dans vos fers ,

* Nos yeux sur nos malheurs étaient à peine ouverts ,

* Quand son père , unissant notre espoir et nos larmes »

* Attacha pour jamais mes destins à ses charmes.

* Lui-même a resserré dans ses derniers momens Ces nœuds infortunés , préparés dès long-temps : Nous gardions l'un et l'autre un secret nécessaire.

ZULIMB.

Ton épouse 1 à. ce point il brave ma colère !

Ali ! c'est trop essuyer de mépris et d'horreur. Seigneur, sonfirirez-Tons ce noureau déshonneur ? Souffrirez-Tous qu'Atide k ma honte jouisse

* Du fruit de tant d'audace et de tant d'artifice ?

* Vengez-moi , vengez-TOUs de ses traîtres appas ,

* De cet affreux tissu de fourbes y d'attentats : Atide tiendra lieu de toutes les Tictimes.

Mon indigne rivale a commis tous mes crimes ; Punissez cet objet exécrable à mes yeux.

▲TIDB.

Vous pourez me punir, maU connaissez-moi mieux. Ayant de me punir , entendez ma réponse.

* Votre père est présent , qu'il juge et qu'il prononce.

JIBKASSAR.

•Ociell

▲ TIDB.

Ramîre et moi, seigneur , si nous ynronsy C'est vous y c'est votre fille à qui nous le devons. Zulime , en nous sauvant , voulait pour tout salaire Un cceur digne de vous , et digne de lui plaire. C'était de tous ses soins le noble et le seul prix y Sa gloire en dépendait , et je la lui ravis. Sans mon amour , sans moi, n'en doutez point, madame y Autant l'heureux Ramire a pu toucher votre Ame , Autant vous régneriez sur son cœur généreux. J'étais le seul obstacle au succès de vos vœux ; J'ai causé de tous trois les malheurs et les larmes ; J'ai bravé vos bienfaits ^ j'ai combattu vos charmes; Et lorsque voua touchez au comble du bonheur, Ma main , ma triste main vous perce encor le cœur. Je vT>us ai fait serment de vous céder Ramire ; Vous connaissez trop bien tout l'amour qu'il inspire , Pour croire que la vie ait sans lui quelque appas ; L'effort serait trop grand , vous ne l'espérez pas. Je dois, je l'ai juré , servir votre tendresse :

* U n'est qu'un seul moyen de tenir ma promesse ; Le voici.

(Elle «e frappe.)

EAMIRB, conttDtTBnAtidt.

Gel 1 Atide !

ATIDB, «ugardci.

Arrêtez son transport.

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