‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 76 sur 446 · NEMOURS, COUCY · texte numérisé non relu

NEMOURS, COUCY

GOUCT.

Lb seriez-yous , seigneur ? auriez-yous dëmenti Le sang de ces héros dont tous êtes sorti ? Auriez-vous yiolé, par cette lâche injure, Et les droits de la guerre, et ceux de la nature? Un prince à cet excès pourrait-il s'oublier ? iiEHOuas.

Non; mais suis*je réduit à me justifier ?

Coucy , ce peuple est juste , il t'apprend à connaître

Que mon frère est rebelle, et que Charle est son maître.

GOUGT.

Ecoutez : ce serait le comble de mes vœux , De pouvoir aujourd'hui tous réunir tous deux. Je Tois aTCc regret la France désolée, A nos dissensions la nature immolée , Sur nos communs débris l'Anglais trop éleré, Menaçant cet état par nous-même énerré.

Si TOUS aTCz un cceur digne de TOtre race , Faites au bien public servir TOtre disgr&ce. Bapprochez les partis ; unissez-Tous à moi Pour calmer TOtre frère , et fléchir TOtre roi , Pour éteindre le feu de nos guerres civiles.

NBMOITBS.

Ne TOUS en flattez pas ; tos soins sont inutiles.

Si la discorde seule aTait armé mon bras ,

Si la guerre et la haine aTaient conduit mes pas ,

Vous pourriez espérer de réunir deux frères , L'un de l'autre écartes dans des partis contraires. Un obsucle plus grand s'oppose à ce retour.

COUCY

Et quel est-il, seigneur ?

HEMOURS,

Ah ! reconnais Tamour; Reconnais la fureur qui de nous deux s'empare , Qui m'a fait téméraire, et qui le rend barbare.

cou G T.

Ciel ! faut-il voir ainsi, par des caprices vains, Anéantir le fruit des plus nobles desseins ? L'amour subjuguer tout ? ses cruelles faiblesses Du sang qui se révolte étouffer les tendresses ? Des frères se haïr, et naître , en tous climats , Des passions des grands le malheur des états ? (5) Prince , de vos amours laissons là le mystère. Je vous plains tous les deux ; mais je sers votre frère. Je vais le seconder ; je vais me joindre à lui Contre un peuple insolent qui se fiiit votre appui. Le plus pressant danger est celui qui m'appelle. Je vois qu'il peut avoir une fin bien cruelle : Je vois les passions plus puissantes que moi ; Et l'amour seul ici me fait frémir d'eSroi. Mon devoir a parlé; je vous laisse, et j'y vole. Soyez mon prisonnier , maia sur votre parole ; Elle me suffira.

HEMOUaS.

Je vous la donne.

COUCY

Et moi -

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