NEMOURS, COUCY
GOUCT.
Lb seriez-yous , seigneur ? auriez-yous dëmenti Le sang de ces héros dont tous êtes sorti ? Auriez-vous yiolé, par cette lâche injure, Et les droits de la guerre, et ceux de la nature? Un prince à cet excès pourrait-il s'oublier ? iiEHOuas.
Non; mais suis*je réduit à me justifier ?
Coucy , ce peuple est juste , il t'apprend à connaître
Que mon frère est rebelle, et que Charle est son maître.
GOUGT.
Ecoutez : ce serait le comble de mes vœux , De pouvoir aujourd'hui tous réunir tous deux. Je Tois aTCc regret la France désolée, A nos dissensions la nature immolée , Sur nos communs débris l'Anglais trop éleré, Menaçant cet état par nous-même énerré.
Si TOUS aTCz un cceur digne de TOtre race , Faites au bien public servir TOtre disgr&ce. Bapprochez les partis ; unissez-Tous à moi Pour calmer TOtre frère , et fléchir TOtre roi , Pour éteindre le feu de nos guerres civiles.
NBMOITBS.
Ne TOUS en flattez pas ; tos soins sont inutiles.
Si la discorde seule aTait armé mon bras ,
Si la guerre et la haine aTaient conduit mes pas ,
Vous pourriez espérer de réunir deux frères , L'un de l'autre écartes dans des partis contraires. Un obsucle plus grand s'oppose à ce retour.
COUCY
Et quel est-il, seigneur ?
HEMOURS,
Ah ! reconnais Tamour; Reconnais la fureur qui de nous deux s'empare , Qui m'a fait téméraire, et qui le rend barbare.
cou G T.
Ciel ! faut-il voir ainsi, par des caprices vains, Anéantir le fruit des plus nobles desseins ? L'amour subjuguer tout ? ses cruelles faiblesses Du sang qui se révolte étouffer les tendresses ? Des frères se haïr, et naître , en tous climats , Des passions des grands le malheur des états ? (5) Prince , de vos amours laissons là le mystère. Je vous plains tous les deux ; mais je sers votre frère. Je vais le seconder ; je vais me joindre à lui Contre un peuple insolent qui se fiiit votre appui. Le plus pressant danger est celui qui m'appelle. Je vois qu'il peut avoir une fin bien cruelle : Je vois les passions plus puissantes que moi ; Et l'amour seul ici me fait frémir d'eSroi. Mon devoir a parlé; je vous laisse, et j'y vole. Soyez mon prisonnier , maia sur votre parole ; Elle me suffira.
HEMOUaS.
Je vous la donne.
COUCY
Et moi -