‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 86 sur 446 · ACTE IT, SCENE V. jo · texte numérisé non relu

ACTE IT, SCENE V. jo

GOITGT.

Vous leur ayez promis de trahir la nature?

VBNBÔHB.

Dè^ long-temps du perfide ils ont proscrit le sang.

GoncT.

£t pour leur obéir, vous lui percez le flanc?

VEMBÔKE.

Non , je n obéis point à leur haine étrangère; J*obéis à ma rage, et veux la satis&ire. Que m'importe l'état et mes vains alliés?

GOUCT.

Ainsi donc à l'amour tous le sacrifiez?

£t TOUS me chargez, moi, du soin de son supplice!

vBnnÔMB.

Je n'attends pas de vous cette prompte justice. Je suis bien malheureux ! bien digne de pitié ! rTrahi dans mon amour, trahi dans l'amitié ! Ah ! trop heureux dauphin , c'est ton sort que j'envie; Ton amitié^ du moins, n'a point été trahie; Et Tanguy du Châtel, quand tu fus ofifensé. T'a servi sans scrupule, et n'a pas balancé, {g) Allez; Vendôme encor, dans le sort qui le presse, Trouvera des amis qui tiendront leur promesse; D'autres me serviront, et n'alloueront pas Cette triste vertu , l'excuse des ingrats.

GOtJCT, après an loag^ silence.

Non ; j'ai pris mon parti. Soit crime , soit justice, Vous ne vous plaindrez pas que Coucy vous trahisse. Je ne souffrirai pas que d un autre que moi , Dans de pareils momens , vous éprouviez la foi. Quand un ami se perd, il faut qu'on l'avertisse, Il faut qu'on le retienne au bord du précipice; Je l'ai dû, je l'ai fiiit malgré votre courroux;

xo6 ADJELAÏDE DU GUESCLIN,

Vous y voulez tomber, je m'y jette avec vous; Et vous reconnaîtrez, au succès de mon zèle, Si Coucy vous aimait, et s'il vous fut fidèle.

VBHDÔMB.

Je revois mon ami.... Vengeons-nous, vole.... attend... Non , va , te dis-je, frappe, et je mourrai content. Qu'à l'instant de sa mort, à mon impatience Le canon des remparts annonce ma vengeance. J'irai , je l'apprendrai, sans trouble et sans effiroi, A l'objet odieux qui l'immole par moi.

Allons.

GOUCY.

En vous rendant ce malheureux service, Prince , je vous demande un autre sacrifice.

VENDÔME

Parle.

GOUCT.

Je ne veux pas que F Anglais en ces lieux, Protecteur insolent , commande sous mes yeux ; Je ne veux pas servir un tyran qui nous brave. Ne puis-je vous venger sans être son esclave? Si vous voulez tomber, pourquoi prendre un appui? Pour mourir avec vous ai-je besoin de lui ? Du sort de ce grand jour laissez-moi la conduite: Ce que je fais pour vous peut-être le mérite. Les Anglais avec moi pourraient mal s'accorder; Jusqu'au dernier moment je veux seul commander.

VENDÔME

Pourvu qu'Adélaïde, au désespoir réduite. Pleure en larmes de sang l'amant qui Ta séduite; Pourvu que de l'hofreur de ses gémissemens Mon courroux se repaisse à mes derniers momens, Tout le reste est égal , et je te l'abandonne :

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