‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 92 sur 446 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

VENDÔME, ADELAÏDE

▲ DBIiAinB.

Vous l'emportez , seigneur , et puisque votre haine,

( Comment puis-je autrement appeler en ce jour

Ces affiieux sentimens que vous nommez amour ? )

Puisqu'à ravir ma foi , votre haine obstinée

Veut , ou le sang d un fr^re, ou ce triste hyménée....

Puisque je suis réduite au déplon^le sort

Ou de trahir Nemours , ou de hâter sa mort,

Et que de votre rage et ministre et victime,

Je n'ai plus qu'à choisir mon supplice et mon crii^,

Mon choix est £iit, seigneur, et je me donne à vous :

Par le droit des forfaits vous êtes mon époux.

Brisez les fers honteux dont vous chargez un frère ;

De Lille sous ses pas abaissez la barrière:

Que je ne tremble plus pour des jours si chéris ,*

Je trahis mon amant , je le perds à ce prix.

Je vous épargne un crime , et suis votre conquête ;

Commandez^ disposez , ma main est toute prête;

Sachez que cette main que vous tyranniwz ,

Punira la faiblesse où vous me réduisez.

Sachez quau temple même, où vous m'allez conduire....

Mais vous voulez ma foi, ma foi doit Vous 8u£Sre.

Allons.... Eh quoi ! d'où vient ce silence affecté ?

Quoi ! votre frère encor n*est point en liberté?

VENDÔME

Mon frère?

▲ DELAÏDlf.

Dieu puissant ! dissipez mes alarmes !

Ciel ! de vos yeux cruels je vois tomber des larmes !

VBNDÔMS.

Vous demandez sa vie....

▲ DBLAÏDE.

Ah ! qu est-ce que j'entends?

Vous qui m aviez promis

VENDÔME

Madame^ il n*est plus temps.

▲ DELAÏUB.

Il n*est plus temps ! Nemours....

VENDÔME

Il est trop vrai , cruelle !

Oui, vous avez dicté sa sentence mortelle. éioncj pour nos malheurs a trop su m*obéir. Ah ! revenez à vous, vivez potu* me punir; Frappez ; que votre main , contre moi ranimée ,

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