SCÈNE III
VENDÔME, ADELAÏDE
▲ DBIiAinB.
Vous l'emportez , seigneur , et puisque votre haine,
( Comment puis-je autrement appeler en ce jour
Ces affiieux sentimens que vous nommez amour ? )
Puisqu'à ravir ma foi , votre haine obstinée
Veut , ou le sang d un fr^re, ou ce triste hyménée....
Puisque je suis réduite au déplon^le sort
Ou de trahir Nemours , ou de hâter sa mort,
Et que de votre rage et ministre et victime,
Je n'ai plus qu'à choisir mon supplice et mon crii^,
Mon choix est £iit, seigneur, et je me donne à vous :
Par le droit des forfaits vous êtes mon époux.
Brisez les fers honteux dont vous chargez un frère ;
De Lille sous ses pas abaissez la barrière:
Que je ne tremble plus pour des jours si chéris ,*
Je trahis mon amant , je le perds à ce prix.
Je vous épargne un crime , et suis votre conquête ;
Commandez^ disposez , ma main est toute prête;
Sachez que cette main que vous tyranniwz ,
Punira la faiblesse où vous me réduisez.
Sachez quau temple même, où vous m'allez conduire....
Mais vous voulez ma foi, ma foi doit Vous 8u£Sre.
Allons.... Eh quoi ! d'où vient ce silence affecté ?
Quoi ! votre frère encor n*est point en liberté?
VENDÔME
Mon frère?
▲ DELAÏDlf.
Dieu puissant ! dissipez mes alarmes !
Ciel ! de vos yeux cruels je vois tomber des larmes !
VBNDÔMS.
Vous demandez sa vie....
▲ DBLAÏDE.
Ah ! qu est-ce que j'entends?
Vous qui m aviez promis
VENDÔME
Madame^ il n*est plus temps.
▲ DELAÏUB.
Il n*est plus temps ! Nemours....
VENDÔME
Il est trop vrai , cruelle !
Oui, vous avez dicté sa sentence mortelle. éioncj pour nos malheurs a trop su m*obéir. Ah ! revenez à vous, vivez potu* me punir; Frappez ; que votre main , contre moi ranimée ,