‹ ThéatreChapitre 106 sur 520 · I.W ZAÏRE · texte numérisé non relu

I.W ZAÏRE

Mes inau\ m'ont affaibli plus encor que mes ans. ( En s'assL'vant. )

Suis-je libre en effet ?

ZAÏBE.

Oui , seigneur, oui , vous l'êtc;- .

CHATILLON

Vous vivez, vous calmez nos douleurs inquiètes. Tous nos tristes chrétiens...

LUSIGNAN

0 jour! ô douce voix !

Châtillon, c'est donc vous? c'est vous que je revois! Martyr, ainsi que moi, de la foi de nos pères, Le Dieu que nous servons finit-il nos misères? En quels lieux sommes-nous ? Aidez mes faibles yeux.

CHATILLOiN.

C'est ici le palais qu'ont bâti vos aïeux ; Du fils de Noradin c'est le séjour profane.

ZAÏRE

Le maître de ces lieux , le puissant Orosmane, Sait connaître, seigneur, et chérir la vertu.

( En montrant IVérestaii. ) Ce généreux Français, qui vous est inconnu. Par la gloire amené des rives de la France, Venait de dix chrétiens payer la déhvrance : Le Soudan, comme lui gouverné par l'honneur, Croit, en vous délivrant, égaler son grand cœur.

•LUSlGiNAN.

Des chevaliers français tel est le caractère ; Leur noblesse en tout temps me fut utile et chère. Trop digne chevalier, quoi! vous passez les mers Pour soulager nos maux et pour briser nos fers ? Ah ! parlez , à qui dois-je un service si rare?

NÉRESTAN

Mon nom est Nérestan ; le sort longtemps barbare , Qui dans les fers ici me mit presque en naissant, Me fit quitter bientôt l'empire du Croissant. A la cour de Louis, guidé par mon courage, De la guerre sous lui j'ai fait l'apprentissage ; Ma fortune et mon rang sont un don de ce roi, Si grand par sa valeur, et plus grand par sa foi. Je le suivis, seigneur, aux bords de la Charente,

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