ACTE II, SCÈNE m
y chercher la rançon de la triste Zaïre : Vous rapportez : le ciel a trompé vos bienfaits; Loin de vous, dans Solyme, il m'arrête à jamais. Mais, quoi que ma fortune ait d'éclat et de charmer. Je ne puis vous quitter sans répandre des larmes. Toujours de vos bontés je vais m'entretenir, Chérir de vos vertus le tendre souvenir, Comme vous des humains soulager la misère, Protéger les chrétiens, leur tenir Ueu de mère. Vous me les rendez chers , et ces infortunés...
NÉRESTAN
Vous, les protéger! vous, qui les abandonnez! Vous, qui des Lusignans foulant aux pieds la cendre...
ZAÏRE
Je la viens honorer, seigneur ; je \iens vous rendre Le dernier de ce sang , votre amour, votre espoir : Oui , Lusignan est libre , et vous l'allez revoir.
CHATILLON
0 ciel ! nous reverrions notre appui , notre père 1
NÉRESTAN
Les chrétiens vous devraient une tète si chère !
ZAÏRE
J'avais sans espérance osé la demander :
Le généreux Soudan veut bien nous l'accorder :
On l'amène en ces lieux.
NÉRESTAN
Que mon âme est émue !
Mes larmes, malgré moi, me dérobent sa \uq ; Ainsi que ce vieillard , j'ai langui dans les fers : Qui ne sait compatir aux maux qu'on a soufferts !
NÉRESTAN
Grand Dieu ! que de vertu dans une âme infidèle ! SCÈNE III.