‹ ThéatreChapitre 126 sur 520 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

OROS>L\NE, CORASMIN. -^^ ^-^

OROSMANE

Ah ! c'est trop tôt chercher ce solitaire asile ,

C'est trop tôt abuser de ma bonté facile ;

Et plus j'y pense, ami, moins je puis concevoii'

Le sujet si caché de tant de désespoir.

Quoi donc ! par ma tendresse élevée à l'empire , »

Dans le sein du bonheur que sou âme désire,

Près d'un amant qu'elle aime, et qui brûle à ses pieds,

Ses yeux , remplis d'amour, de larmes sont noyés I

Je suis bien indigné de voir tant de caprices.

Mais moi-même, après tout , eus-Je moins d'injustices?

Ai-Je été moins coupable à ses yeux offensés ?

Jl^t-ce à moi de me plaindre.^ on m'aime , c'est assez.

Il me faut expier, par un peu d'indulgence ,

De mes transports jaloux l'injurieuse offense.

Je me rends : je le vois, son cœur est sans détours;

La nature naïve anime ses discours.

Elle est dans l*àge heureux où règne l'innocence:

A sa sincérité je dois ma confiance.

Elle m'aime sans doute ; oui , j'ai lu devant toi,

Dans ses yeux attendris , l'amour qu'elle a pour moi ;

Et son âme, éprouvant cette ardeur qui me touche ,

Vingt fois pour me le dire a volé sur sa bouche.

Qui peut avoir un cœur assez traître, assez bas,

Pour montrer tant d'amour, et ne le sentir pas?

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