OROSMANE, ZAÏRE, NÉRESTAN, CORASMIN, FATIME
OROSMANE
Approche, malheureux, qui viens de m'arraclier, De m'ôter pour jamais ce qui me fut si cher! Méprisable ennemi , qui fais encor paraître L'audace d'un héros avec l'àme d'un traître, Tu m'imposais ici pour me déshonorer.
Va, le prix en est prêt, tu peux t'y préparer. Tes maux vont égaler les maux où tu m'exposes , Et ton ingratitude, et l'horreur que tu causes, Avez-vous ordonné son supplice F
CORASMIN.
Oui, seigneur.
OROSMANE
11 commence déjà dans le fond de ton cœur. Tes yeux cherchent partout , et demandent encore La perfide qui t'aime et qui me déshonore. Regardé , elle est ici.
NÉRESTAN
Que dis-tu ? Quelle erreur. . . * -
OROSMANE
Regarde-la, te dis-je.
NÉRESTAN
Ah! que vois-je.? Ah ! ma sœur!
Zaïre!... elle n'est plus! Ah! monstre! Ah ! jour horrible J
OROSMANE
Sa sœur! Qu'ai-je entendu ? Dieu! serait-il possible ?
NÉRESTAN
Barbare , il est trop vrai : viens épuiser mon flanc Du reste infortuné de cet auguste sang. Lusignan, ce vieillard , fut son malheureux père; Il venait dans mes bras d'achever sa misère, Et d'un père expiré j'apportais en ces lieux La volonté dernière et les derniers adieux;