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ACTE Ifl, SCÈNE lY

Le sénat, Rome, et vous, vous avez tous ma foi :

Le bien (lu monde entier me parle contre un roi.

J'embrasse avec liorreur une vertu cruelle;

J'en frissonne à vos yeux , mais je vous suis fidèle.

César me va parler : que ne puis-je aujourd'hui

L'attendrir, le changer, sauver l'État et lui!

Veuillent les immortels, s'expliquant par ma bouche,

Prèter.à mon organe un pouvoir qui le touche!

Mais si je n'obtiens rien de cet ambitieux ,

Levez le bras, frappez, je détourne les yeux.

Je ne trahirai point mon pays pour mon père :

Que l'on approuve, ou non , ma fermeté sévère;

Qu'à l'univers surpris cette grande action

Soit un objet d'horreur ou d'admiration ;

Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mémoire,

Ne considère point le reproche ou la gloire.

Toujours indépendant , et toujours citoyen.

Mon devoir me suffit , tout le reste n'est rien.

Allez , ne songez plus qu'à sortir d'esclavage.

CASSILS.

Du salut de l'État ta parole est le gage.

Nous comptons tous sur toi, comme si dans ces lieux

Nous entendions Caton, Rome même, et nos dieux.

SCÈ>E IIL

BRUT us.

Voici donc le moment où César va m'entendre;

Voici ce Capitole où la mort va l'attendre.

Épargnez-moi , grands dieux , l'horreui' de le hair !

Dieux , arrêtez ces bras levés pour le punir!

Rendez, s'il se peut, Rome à son grand cœur plus chère;

Lt faites qu'il soit juste , afin qu'il soit mon père!

Le voici. Je demeure immobile, éperdu.

0 mânes de Caton, soutenez ma vertu !

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