‹ ThéatreChapitre 218 sur 520 · AMÉRICAINS, SOLDATS · texte numérisé non relu

AMÉRICAINS, SOLDATS

ZAMORE

Cruels! sauvez .Alzire, et pressez mon supplice!

ALZIRE

Non, qu'une affreuse mort tous trois nous réunisse.

ALVAREZ

Mon fils mourant , mon fils, ô comble de douleur!

ZAMORE, à Gusman,

Tu veux donc jusqu'au bout consommer ta fureur.' Viens , vois couler mon sang, puisque tu vis cncoie; Viens apprendre à mourir en regardant Zamore.

28ô ALZIRE.

GUSM\X , a ZaïDore.

Il est d'autres vertus que je veux t'enseiguer : Je dois un autre exemple , et je viens le donner.

(à Alvarez.)

Le ciel , qui veut ma mort , et qui l'a suspendue ,

Mori père , en ce moment m'amène à votre vue.

Mon âme fugitive , et prête à me quitter,

S'arrête devant vous... mais pour vous imiter.

Je meurs; le voile tombe ; un nouveau jour m'éclaire ;

Je ne me suis connu qu'au bout de ma carrière ;

J'ai fait , jusqu'au moment qui me plonge au cercueil ,

Gémir l'humanité du poids de mon orgueil.

Le ciel venge la terre : il est juste ; et ma vie

Ne peut payer le sang dont ma main s'est rougie.

Le boniieur m'aveugla , la mort m'a détrompé.

Je pardonne à la main par qui Dieu m'a frappé.

J'étais maître en ces lieux, seul j'y commande encore;

Seul je puis faire grâce , et la fais à Zamore.

Vis , superbe ennemi , sois libre , et te souvien

Quel fut, et le devoir, et la mort d'un chrétien.

(AMontèze, qui se jette à ses pieds.)

Montèze , Américains , qui fûtes mes victimes , Songez que ma clémence a surpassé mes crimes. Instruisez l'Amérique ; apprenez à ses rois Que les chrétiens sont nés pour leur donner des lois,

(A Zamore.)

Des dieux que nous servons connais la différence : Les tiens t'ont commandé le meurtre et la vengeance; Et le mien , quand ton bias vient de m'assassiner, M'ordonne de te plaindre et de le pardonner.

ALVAREZ

Ah ! mon fils , tes vertus égalent ton courage.

ALZIRE

Quel changement , grand Dieu! quel étonnant langage!

ZAMORE

Quoi ! tu veux me forcer moi-même au repentir!

GUSMAN

Je veux plus, je te veux forcer à me chérir. Akiren'a vécu que trop infortunée.

Et par mes cruautés, et par mon hyménée : Que ma mourante main la remette en tea bras.

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