ACTE V , SCÈXE VII
Vivez sans me liaïr, gouvernez vos États; Et, de vos murs détruits rétablissant la gloire, De mon nom , s'il se peut, bénissez la mémoire.
(à Alvarez.) Daignez servir de père à ces époux heureux : Que du ciel , par vos soins , le jour luise sur eux ! Aux clartés des chrétiens si son âme est ouverte , Zamore est votre fils , et répare ma perte.
ZAMORE
Je demeure immobile , égaré , confondu.
Quoi donc ! les vrais chrétiens auraient tant de vertu !
Ah ! la loi qui t'oblige à cet effort suprême ,
Je commence à le croire, est la loi d'un Dieu même.
J'ai connu l'amitié , la constance, la foi ;
Mais tant de grandeur d'âme est au-dessus de moi ;
Tant de vertu m'accable , et son charme m'attire.
Honteux d'être vengé, je t'aime et je t'admire.
(Il se jette à ses pieds.) ALZIRE.
Seigneur, en rougissant je tombe à vos genoux. Alzire, en ce moment, voudrait mourir pour vous. Entre Zamore et vous mon âme déchirée Succombe au repentir dont elle est dévorée. -Je me sens trop coupable ; et mes trlsteTefreurs...
GUSMAX.
Tout vous est pardonné, puisque je vois vos pleurs. Pour la dernière fois approchez-vous , mon pore ! Vivez longtemps heureux ; qu'Alzire vous soit chère I Zamore, sois chrétien! je suis conteut; je meurs.
' ALVVREZ, à Moiitèze.
Je vois le doigt de Dieu marqué dans nos malheurs.
Mon cœur désespéré se soumet , s'abandonne
Aux volontés d'un Dieu qui frappe et qui pardonne.
fiA ij'\LZiaB.