ACTE m, SCÈNE IV
D'un peuple dont la voix presse votre supplice : J'ai calmé son tumulte, et même contre lui Je vous viens , s'il le iaut, présenter mon appui. On vous a soupçonné ; le peuple a dû le faire. Moi, qui ne juge point ainsi que le vulgaire, Je voudrais , que perçant un nuage odieux , Déjà votre innocence éclatât à leurs yeux. Mon esprit incertain , que rien n'a pu résoudre N'ose vous condamner, mais ne peut vous absoudre. C'est au ciel, que j'implore , à me déterminer. Ce ciel enfin s'apaise , il veut nous pardonner ; Et bientôt, retirant lainain qui nous opprime. Par la voix du grand prêtre il nomme la victime ; Et je laisse à nos dieux, plus éclairés que nous , Le soin de décider entre mon peuple et vous.
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Votre équité , seigneur , est inflexible et pure ;
Mais l'extrême justice est une extrême injure :
Il n'en faut pas toujours écouter la rigueur. .
Des lois que nous suivons , la première est l'honneur. T-
Je me suis vu réduit à l'affront de répondre "^ '
A de vils délateurs que j'ai trop su confondre.
Ah ! sans vous abaisser à cet indigne soin ,
Seigneur, il suffisait de moi seul pour témoin :
C'était, c'était assez d'examiner ma vie; ^
Hercule, appui des dieux et vainqueur de l'Asiej
Les monstres, les tyrans qu'il m'apprit à dom[)terj
Ce sont là les témoins qu'il me laut. conli'oiiter^
De vos dieux cependant interrogez l'organe :
Nous apprendrons de lui si leur voix me condamne. .
Je n'ai pas besoin d'eux , et j'attends leur arrêt
Par pitié pour ce peuple, et non par intérêt.