‹ ThéatreChapitre 243 sur 520 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

i Zopirc périra.

' OMAR

Celte tète funeste , En tombant à tes pieds , fera fléchii- le reste. Mais ne perds point de temps.

MAHOMET

Mais, malgré mon courroux »

Je dois cacher la main qui va lancer les coups. Et détourner de moi les soupçons du vulgaire.

OMAR

Il est trop méprisable.

MAHOMET

Il faut pourtant lui plaire; Et j'ai besoin d'un bras qui , par ma voix conduit , Soit seul chargé du meurtre , et m'en laisse le fruit.

OMAR

Pour un tel attentat je réponds de Séide.

MAHOMET

De lui ?

OMAR

C'est l'instrument d'un pareil homicide.

Otage de Zopire , il peut seul aujourd'hui L'aborder en secret , et te venger de lui. Tes autres favoris, zélés avec prudence, Pour s'exposer à tout ont trop d'expérience; Ils sont tous dans cet âge où la maturité Fait tomber le bandeau de la crédulité; Il faut un cœur plus simple, aveugle avec courage , Un esprit amoureux de son propre esclavage : La jeunesse est le temps de ces illusions. Séide est tout en proie aux superstitions : C'est un lion docile à la voix qui le guide.

MAHOMET

LefrèredePalmire?

OMAR

Oui, lui-même, oui, Séide , De ton fier ennemi le fils audacieux , De son maître offensé rival incestueux.

MAHOMET

Je déteste Séide, et son nom seul m'offense ; La cendre de mon fils me crie encor vengeance ;

Mais tu connais l'objet de mon fatal amour; Tu connais dans quel sang elle a puisé le jour. Tu vois que dans ces lieux environnés d'abîmes Je viens chercher un trône , un autel , des victimes; Qu'il faut d'un peuple fier enchanter les esprits , Qu'il faut perdre Zopire , et perdre encor son fils. Allons , consultons bien mon intérêt , ma haine , L'amour, l'indigne amour, qui malgré moi m'entraîne. Et la religion , à qui tout est soumis , Et la nécessité, par qui tout e^ permis.

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