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MAHOMET
Je tiens entre mes mains et leur vie et leur mort ; Tu n'as qu'à dire un mot , et je t'en fais l'arbitre.
ZOPIRE
IMui , je puis les sauver! A quel prix? à quel titre? Faut-il donner mon sang? faut-il porter leurs fers?
MAHOMET
Non , mais il faut m'aider à tromper l'univers ; Il faut rendre la Mecque, abandonner ton temple , De la crédulité donner à tous l'exemple, Annoncer l'Alcoran aux peuples effrayés , Me servir en prophète , et tomber à mes pieds : Je te rendrai ton fils , et je serai ton gendre.
ZOPIRE
Mahomet , je suis père, et je porte un cœur tendre. Après quinze ans d'ennuis, retrouver mes enfants, Les revoir, et mourir dans leurs embrassements , C'est le premier des biens pour mon âme attendrie. Mais s'il faut à ton culte asservir ma patrie. Ou de ma propre main les immoler tous deux , Connais-moi, Mahomet, mon choix n'est pas douteux. Adieu.
MAHOMET, seul.
Fier citoyen , vieillard inexorable , Je serai plus que toi cruel , impitoyable.
MAHOMET, OMAR
OMAR
Mahomet , il faut l'être, ou nous sommes perdus. Les secrets des tyrans me sont déjà vendus. Demain la trêve expire , et demain l'on t'arrête ; Demain Zopire est maître , et fait tomber ta tête. La moitié du sénat vient de te condamner; N'osant pas te combattre , on l'ose assassiner. Ce meurtre d'un héros , ils le nomment supplice ; Et ce complot obscur ils l'appellent justice.
MAHOMET
Ils sentiront la mienne; ils verront ma fureur. La persécution fit toujours ma grandeur :