‹ ThéatreChapitre 261 sur 520 · ACT£ IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACT£ IV, SCENE IV

SÉIDE

Je vous suis , ministres du ti épas :

Vous ni8 montrez l'autel; vous conduise/, mon bras. Allons.

PALMIRE

Non; trop d'horreur entre nous deux s'assemble. Demeure.

SÉlDE.

Il n'est plus temps; avançons : l'autel tremble.

PALMIRE

Le ciel se manifeste , il n'en faut pas douter,

SÉlDE.

Me pousse-t-il au meurtre , ou veut-il m'arrêter ? Du prophète de Dieu la voix se fait entendre ; Il me reproche un cœur trop flexible et trop tendre, Palmire !

PALMIRE

Eh bien ?

SÉIDE

Au ciel adressez tous vos vœux.

Je vais frapper.

(Il sort, et va derrière l'aute! où est Zopire. ;

Je meurs ! O moment douloureux !

Quelle effroyable voix dans mon âme s'élève ! D'où vient que tout mon sang malgré moi se soulève? Si le ciel veut un meurtre, est-ce à moi d'en juger? Est-ce à moi de m'en plaindre , et de l'interroger.' J'obéis. D'où vient donc que le remords m'accable? Ah! quel cœur sait jamais s'il est juste ou coupable? Je me trompe , ou les coups sont poités cette fois ; J'entends les cris plaintifs d'une mourante voix. Séide... hélas!... .

SÉIDE revient d'un air égaré.

OÙ suis-je? et quelle voix m'appelle?

Je ne vois point Palmire; un dieu m'a privé d'elle.

PALMIRE

Hé quoi ! méconnais-tu celle qui vit pour toi ?

SÉIDE

Où sommes-nous ?

PALMIKE.

Eh bien ! c^tfe ('ffroyable lui.

33G LE FANATJSiME.

Cette triste promesse est-elle enfin remplie i

, SÉIDE

Que me dis-tu?

PÀLMIRE.

Zopire a-t-il perdu la vie:

Qui? Zopire?

PALMIRE

Ah ! grand Dieu ! Dieu de sang altéré , Ne persécutez point son esprit égaré.

Fuyons d'ici.

SÉIDE

Je sens que mes genoux s'affaissent.

( Il s'assied, ) Ah ! je revois le jour, et mes forces renaissent. Quoi ! c'est vous ?

PALMIRE

Qu'as- tu fait?

SÉIDE, se relevaot.

Moi ! je viens d'obéir...

D'un bras désespéré je viens de le saisir. Par ses cheveux blanchis j'ai traîné ma victime. O ciel ! tu l'as voulu ! peux-tu vouloir un crime? Tremblant, saisi d'effroi , j'ai plongé dans son flanc Ce glaive consacré qui dut verser son sang. J'ai voulu redoubler ; ce vieillard vénérable A jeté dans mes bras un cri si lamentable ! La nature a tracé dans ses regards mourants Un si grand caractère , et des traits si touchants!... De tendresse et d'effroi mon âme s'est remplie, Et , plus mourant que lui , je déteste ma vie.

PALMIRE

Fuyons vers Mahomet, qui doit nous protéger : Près de ce corps sanglant vous êtes en danger. Suivez-moi.

Je ne puis. Je me meurs. Ah! Palmirel...

PALMIRE

Quel trouble épouvantable à mes yeux le déchire !

SÉIDE, ea pleurant.

Ah ! si tu l'avais vu , le poignard dans le sein ,

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