ACTE IV, SCÈiXE IV
S'attendrir à i'aspect de son lâche assassin ! Je fuyais. Croirais-tu que sa voix affaiblie Pour m' appeler encore a ranimé sa vie.^ 11 retirait ce fer de ses flancs malheureux. Hélas! il m'observait d'un regard douloureux. Cher Séide, a-t-il dit, infortuné Séide! Cette voix , ces regards , ce poignard homicide , Ce vieillard attendri , tout sanglant à mes pieds , Poursuivent devant toi mes regards effrayés. Qu'a vons-nous fait?
PALMIRE
On vient , je tremble pour ta vie.
Fuis , au nom de l'amour et du nœud qui nous lie.
SÉIDE
Va , laisse-moi. Pourquoi cet amour malheureux M'a-t-il pu commander ce sacrifice affreux.' Non , cruelle ! sans toi , sans ton ordre suprême , Je n'aurais pu jamais obéir au ciel même.
PALMIRE
De quel reproche horrible oses-tu m'accabler! Hélas ! plus que le tien mon cœur se sent troubler. Cher amant , prends pitié de Palmù-e éperdue!
sÉmE.
Palmire! quel objet vient effrayer ma vue.^»
(Zopire paraît, appuyé sur l'autel, après s'être relevé derrière cet autel où il a reçu le coup. )
C'est cet infortuné luttant contre la mort,
Qui vers nous tout sanglant se traîne avec effort.
SÉIDE
Hé quoi! tu vas à lui .3
PALMIRE
De remords dévorée , Je cède à la pitié dont je suis déchirée. Je n'y puis résister ; elle entraîne mes sens.
ZOPIRE , avançant et soutenu par elle.
Hélas! servez de guide à mes pas languissants !
(Ils'assiitl.) Séide , ingrat! c'est toi qui m'arraches la vie ! JTu pleures! ta pitié succède à ta furie!
338 LE 1 ANATiSME.