ACTE lY, SCENE VI. i3'J
Tout ce que les humains ont de plus respectable M'inspira des forfaits le plus abominable. Rendez , rendez ce fer à ma barbare main.
PALMIKE , à genoux , arrclint le bras de Séide.
Ah! mon père! ahî seigneur! plongez-le dans mon sein. J*ai seule à ce grand crime encouragé Séide; L'inceste était pour nous le prix du parricide.
SÉIDE
Le ciel n'a point pour nous d'assez grands châtiments. Frappez vos assassins,
ZOPIRE , en les embrassant.
J'embrasse mes enfants.
Le ciel voulut mêler, dans les maux qu'il m'envoie , Le comble des horreurs au comble de la joie. Je bénis mon destin ; je meurs , mais vous vivez. 0 vous, qu'en expirant mon cœur a retrouvés, Séide, et vous, Palmire, au nom de la nature. Par ce reste de sang qui sort de ma blessure , Par ce sang paternel , par vous , par mon trépas , Vengez- vous, vengez-moi; mais ne vous perdez pas. L'heure approche , mon fils, où la trêve rompue Laissait à mes d esseins une libre étendue : Les dieux de tant de maux ont pris quelque pitié ; - Le crime de tes mains n'est commis qu'à moitié. Le peuple avec le jour en ces lieux va paraître ; Mon sang va les conduire ; ils vont punir un traître. Attendons ces moments.
SÉIDE
Ah ! je cours de ce pas Vous immoler ce monstre , et hâter mon trépas ; Me punir, vous venger.