‹ ThéatreChapitre 270 sur 520 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

MAHOMET, PALMIRE, OMAR, ALI; suite.

OMAR

On sait tout , Mahomet :

Hercide en expirant révéla ton secret.

Le peuple en est instruit ; la prison est forcée ;

Tout s'arme, tout s'émeut : une foule insensée,

Élevant contre toi ses hurlements affreux ,

Porte le corps sanglant de son chef malheureux.

Séide est à leur tête , et, d'une voix funeste ,

Les excite à venger ce déplorable reste.

Ce corps , souillé de sang , est l'horrible signal ^

Qui fait courir ce peuple à ce combat fatal.

Il s'écrie en pleurant : Je suis un parricide !

La douleur le ranime, et la rage le guide.

Il semble respirer pour se venger de toi.

On déteste ton dieu , tes prophètes , ta loi.

Ceux même qui devaient dans la Mecque alarmée

Faire ouvrir, cette nuit , la porte à ton armée ,

De la fureur commune avec zèle enivrés ,

Viennent lever sur toi leurs bras désespérés.

On n'entend que les cris de mort et de vengearice.

PALMIRE

Achève, juste ciel! et soutiens l'innocence. Frappe.

MAHOMET , à Omar,

Eh bien ! que crains-tu?

OMAR

Tu vois quelques amis Qui, contre les dangers comme moi raffermis, Mais vainement armés contre un pareil orage , Viennent tous à tes pieds mourir avec courage.

MAHOMET

Seul je les défendrai. Rangez-vous près de moi, Etconnaissez enfin qui vous avez pour roi.

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