SCÈNE m
MAHOMET, PALMIRE, OMAR, ALI; suite.
OMAR
On sait tout , Mahomet :
Hercide en expirant révéla ton secret.
Le peuple en est instruit ; la prison est forcée ;
Tout s'arme, tout s'émeut : une foule insensée,
Élevant contre toi ses hurlements affreux ,
Porte le corps sanglant de son chef malheureux.
Séide est à leur tête , et, d'une voix funeste ,
Les excite à venger ce déplorable reste.
Ce corps , souillé de sang , est l'horrible signal ^
Qui fait courir ce peuple à ce combat fatal.
Il s'écrie en pleurant : Je suis un parricide !
La douleur le ranime, et la rage le guide.
Il semble respirer pour se venger de toi.
On déteste ton dieu , tes prophètes , ta loi.
Ceux même qui devaient dans la Mecque alarmée
Faire ouvrir, cette nuit , la porte à ton armée ,
De la fureur commune avec zèle enivrés ,
Viennent lever sur toi leurs bras désespérés.
On n'entend que les cris de mort et de vengearice.
PALMIRE
Achève, juste ciel! et soutiens l'innocence. Frappe.
MAHOMET , à Omar,
Eh bien ! que crains-tu?
OMAR
Tu vois quelques amis Qui, contre les dangers comme moi raffermis, Mais vainement armés contre un pareil orage , Viennent tous à tes pieds mourir avec courage.
MAHOMET
Seul je les défendrai. Rangez-vous près de moi, Etconnaissez enfin qui vous avez pour roi.