SCÈNE II
MEROPE, ISMÉNIE, EURYCLÉS.
MÉROPE
Eh bien I Narbas ? mon tils ?
ECRYCLÈS.
Vous me voyez confus ; Tant de pas, tant de soins ont été superflus. On a couru , madame , aux rives du Pénée , Dans les champs d'Olympie, aux murs de Salmonée; Narbas est inconnu : le sort , dans ces climats , Dérobe à tous les yeux la trace de ses pas.
3IÉR0PE.
Hélas 1 Narbas n'est plus; j'ai tout perdu , sans doute.
ISMÉME.
Vous croyez tous les maux que votre âme redoute ; Peut-être , sur les bruits de cette heureuse paix , '
Narbas ramène un fils si cher à nos souhaits.
EURYCLÈS.
Peut-être sa tendresse, éclairée et discrète , A caché son voyage ainsi que sa retraite : Il veille sur Égisthe ; il craint ces assassins Qui du roi votre époux ont tranché les destins. De leurs affreux complots il faut tromper la rage. Autant que je l'ai pu j'assure son passage , Et j'ai sur ces chemins de carnage abreuvés Des yeux toujours ouverts , et des bras éprouvés.