ACTE II, SCÈNE I
Le fardeau de la vie est trop pesant pour moi ; Mon trône mi'mportune , et ma gloire passée N'est qu'un nouveau tourment de ma triste pensée. J'ai nourri mes chagrins sans les manifester ; Ma peur m'a fait rougir. J'ai craint de consulter Ce mage révéré que chérit Babylone , D'avilir devant lui la majesté du trône, De montrer une fois, en présence du ciel, Sémiramis tremblante aux regards d'un mortel. Mais j'ai fait en secret, moins fîère ou plus hardie, Consulter Jupiter aux sables de Libye; Comme si , loin de nous , le dieu de l'univers N'eût mis la vérité qu'au fond de ces déserts. Le dieu qui s'est caché dans cette sombre enceinte A reçu dès longtemps mon hommage et ma crainte ; J'ai comblé ses autels et de dons et d'encens. Répare-t-on le crime , hélas ! par des présents ? De Memphis aujourd'hui j'attends une réponse.