SCÈNE PREMIERE
SÉMIRAMIS, OTANE.
Otane, qui l'eût cru , que les dieux eu colère
Me tendaient en effet une main salutaire,
Qu'ils ne m'épouvantaient que pour se désarmer ?
lis out ouvert l'abîme , et l'ont daigné fermer :
C'est la foudre à la main qu'ils m'ont donné ma grâce :
Us ont changé mon sort , ils ont conduit Arzace ,
Ils veulent mon hymen ; ils veulent expier,
Par ce lien nouveau , les crimes du premier.
Non , je ne doute pins que des cœurs ils disposent :
Le mien vole au-devant de la loi qu'ils m'imposent,
Arzace, c'en est fait, je me rends, et je voi
Que tu devais régner sur le monde et sur moi.
OTANE.
Arzace ! lui ?
SÉMIRAMIS
Tu sais qu'aux plaines de Scythie, Quand je vengeais la Perse et subjuguais l'Asie, Ce héros (sous son père il combattait alors ) , Ce héros , entouré de captifs et de morts , M'offrit en rougissant, de ses mains triomphantes , Des ennemis vaincus les dépouilles sanglantes. A son premier aspect tout mon cœur étonné Par un pouvoir secret se sentit entraîné; Je n'en pus affaiblir le charme inconcevable , Le reste des mortels me sembla méprisable. Assur, qui m'observait, ne fut que trop jaloux; Dès lors le nom d'Arzace aigrissait son courroux : Mais l'image d'Arzace occupa ma pensée , Avant que de nos dieux la main me l'eût tracée , Avant que celte voix qui commande à mon cœui" ,