‹ ThéatreChapitre 343 sur 520 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

hejoignent ces liens formés dans mon berceau;

Que Ninias, mon roi , Ion rival, et ton maître ,

Ait pour moi tout l'amour que tu me dois peut-être :

Viens voir tout cet amour devant toi confondu ;

Vois fouler à mes pieds le sceptre qui m'est dû.

Où donc est Ninias? quel secret, quel mystère

Le dérobe à ma vue, et le cache à sa mère?

Qu'il revienne, en un mot; lui , ni Sémiramis, M ces mânes sacrés que l'enfer a vomis,

>i le renversement de toute la nature ,

>e pourront de mon âme arracher un parjure.

Arzace , c'est à toi de te bien consulter;

Vois si ton cœur m'égale, et s'il m'ose imiter.

Quels sont donc ces forfaits que l'enfer en furie,

Que l'ombre de Ninus ordonne qu'on expie?

C I uel , si tu trahis un si sacré lien ,

Je ne connais ici de crime que le tien.

Je vois de tes destins le fatal interprète ,

Pour te dicter leurs lois , sortir de sa retraite :

Le malheureux amour dont tu trahis la foi

iN'est point fait pour paraître entre les dieux et toi.

Va recevoir l'arrêt dont Ninus nous menace;

Ton sort dépend des dieux, le mien dépend d'Arzace.

(Elle sort.) iVRZACE.

Arzace est à vous seule. Ah ! cruelle , arrêtez.

Quel mélange d'horreurs et de félicités !

Quels étonnants destins l'un à l'autre contraires !...

SCÈJNE IL

ARZACE , OROÈS , suivi des mages.

OROÈS, à Arzace.

Venez, retirons-nous vers ces lieux solitaires; Je vois quel trouble affreux a dû vous pénétrer : A de plus grands assauts il faut vous préparer.

( aux mages. ) Apportez ce bandeau d'un roi que je révère; Prenez ce fer sacré , cette lettre.

( Les mages vont chercher ce que le graud prêtre dcinatiJe. ) Arzace.

O mon [(ère!

466 SÉMIRAMIS

Tirez-moi de l'abîme où mes pas sont plongés , Levez le voile affreux dont mes. yeux sont chcirgésî

OROÈS.

Le voile va tomber, mon fils ; et voici l'heure Où , dans sa redoutable et profonde demeure , Ninus attend de vous , pour apaiser ses cris , L'offrande réservée à ses mânes trahis.

ARZACR.

Quel ordre? quelle offrande? et qu'est-ce qu'il désire?

Qui? moi, venger Ninus, etNinias respire î

Qu'il vienne, il est mon roi, mon bras va le servir.

OROÈS.

Son père a commandé ; ne sachez qu'obéir.

Dans une heure, à sa tombe , Arzace , il faut vous rendre,

( Il donne le diadème et l'épée à ISinias. ) Armé du fer sacré que vos mains doivent prendre. Ceint du même bandeau que son front a porté , Et que vous-même ici vous m'avez présenté.

ARZACE.

Du bandeau de Ninus !

OROÈS.

Ses mânes le commandent :

C'est dans cet appareil, c'est ainsi qu'ils attendent Ce sang qui devant «ux doit être offert par vous. Ne songez qu'à frapper, qu'à servir leur courroux : La victime y sera; c'est assez vous instruire. Reposez-vous sur eux du soin de la conduire.

ARZACE.

S'il demande mon sang , disposez de ce bras. Mais vous ne parlez point , seigneur, de Ninias ; Vous ne me dites point comment son père mémo Me donnerait sa femme avec son diadème?

OROÈS.

Sa femme ! vous I la reine ! ô ciel ! Sémiramis ! Eh bien ! voici l'instant que je vous ai promis. Connaissez vos destins, et cette femme impie.

Grands dieux !

OROÈS.

De son époux elle a tranché la vie

ARZACE.

Elle ! la reine !

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