‹ ThéatreChapitre 366 sur 520 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

ARZACE.

Eh bien ! que ce billet soit donc le seul supplice Qu'à son crime, grand dieu , réserve ta justice !

(Sémiramis lit.)

Vous allez trop savoir, c'en est fait.

SÉMIRAMIS, àOtaae.

Qu'ai-je lu ?

Soutiens-moi , je me meurs.

ARZACE.

Hélas! tout est connu.

SÉMIRAMIS, revenant à elle, après un long silence.

Eh bien ! ne tarde plus, remplis ta destinée; Punis cette coupable et cette infortunée; Étouffe dans mon sang mes détestables feux. La nature trompée est horrible à tous deux. Venge tous mes forfaits ; venge la mort d'un père ; Reconnais-moi , mon fils ; frappe , et punis ta mère.

ARZACE.

Que ce glaive plutôt épuise ici mon flanc De ce sang malheureux formé de votre sang ! Qu'il perce de vos mains ce cœur qui vous révère, Et qui porte d'un fils le sacré caractère !

SÉMIRAMIS , se jetaot à genoux.

Ah ! je fus sans pitié; sois barbare à ton tour; Sois le fils de Ninus en m'arrachant le jour : Frappe. Mais quoi ! tes pleurs se mêlent à mes larmes I O Ninias! ô jour plein d'horreur et de charmes!... Avant de me donner la mort que tu me dois , De la nature encor laisse parler la voix : Souffre au moins que les pleurs de ta coupable mère Arrosent une main si fatale et si chère.

ARZACE.

Ah ! je suis votre fils ; et ce n'est pas à vous , Quoi que vous ayez fait, d'embrasser mes genoux, Ninias vous implore, il vous aime, il vous jure Les plus profonds respects , et l'amour la plus pure. C'est un nouveau sujet , plus cher et plus soumis ; Le ciel est apaisé , puisqu'il vous rend un fils : Livrez l'infâme Assur au dieu qui vous pardonne.

Reçois, pour te venger, mou sceptre et ma couronne;

474 SÉMIRAMIS

Je les ai trop souillés.

ARZACE.

Je veux tout ignorer; Je veux, avec l'Asie, encor vous admirer.

SÉMIRAMIS

Non; mon crime est trop grand.

ARZACE.

Le repentir l'efface.

SÉMIRAMIS

Ninus t'a commandé de régner en ma place ; Crains ses mânes vengeurs.

ARZACE.

Ils seront attendris Des remords d'une mère et des larmes d'un fils. Otane , au nom des dieux , ayez soin de ma mère , Et cachez , comme moi , cet horrible mystère.

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