‹ ThéatreChapitre 376 sur 520 · ACTE V, SCÈNE Vm · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE Vm

Regarde ce tombeau; contemple ton ouvrage.

MNIAS.

Quelle victime , ô ciel! a donc frappé ma rage?

AZÉMA

Ah ! fuyez , cher époux !

MITRANE.

Qu*avez-vous fait ?

OROÈS, se mettant entre le tombeau et Ninias. Sortez ; Venez purifier vos bras ensanglantés ; Remettez dans mes mains ce glaive trop funeste , Cet aveugle instrument de la fureur céleste.

NINIAS , courant vers Sémiramis.

Ah! cruels, laissez-moi le plonger dans mon cœur.

OROÈS, tandis qu'on désarme Ninias.

Gardez de le laisser à sa propre fureur.

SÉMIRAMIS, qu'on fait avancer, et qu'on place sur un fauteuil.

Viens me venger, mon fils : un monstre sanguinaire , Un traître , un sacrilège , assassine ta mère.

NINIAS

O jour de la terreur ! ô crimes inouïs! Ce sacrilège affreux , ce monstre , est votre fils. Au sein qui m'a nourri cette main s'est plongée; Je vous suis dans la tombe, et vous serez vengée.

SÉMIRAMIS

Hélas ! j'y descendis pour défendre tes jours. Ta malheureuse mère allait à ton secours... J'ai reçn de tes mains la mort qui m'était due.

NIMAS.

Ah 1 c'est le dernier trait à mon âme éperdue. J'atteste ici les dieux qui conduisaient mon bras , Ces dieux qui m'égar aient...

SÉMIRAMIS

Mon fils , n'achève pas :

Je te pardonne tout , si , pour grâce dernière , Une si chère main ferme au moins ma paupière.

( lise jette à genoux.)

Viens, je te le demande, au nom du même sang Qui fa donné la vie , et qui sort de mon flanc. Ton cœur n'a pas sur moi conduit ta main cruelle. Quand >'iniis expira, j'étais plus criminelle :

484 SÉMIRAMIS

J'en suis assez punie. Il est donc des forfaits

Que le courroux des d/eux ne pardonne jamais !

Ninias , Azéma , que votre hymen efface

L'opprobre dont mon crime a souillé votre race ;

D'une mère expirante approchez-vous tous deux;

Uonnez-nioi votre main ; vivez , régnez heureux :

Cet espoir me console , il mêle quelque joie

Aux horreurs de la mort où mon âme est en proie.

.le la sens... elle vient... Songe à Sémiramis ,

Ne hais point sa mémoire ! O mon fils, mon cher fils...

C'en est fait.

OROÈS.

La lumière à ses yeux est ravie.

Secourez Ninias , prenez soin de sa vie. Par ce terrible exemple apprenez tous du moins Que les crimes secrets ont les dieux pour témoins. Plus le coupable est grand , plus grand est le supplice. Rois, tremblez sur le troue, et craignez leur justice;

Vm DE SEMIRAMIS.

ou

CATILINA

AVERTISSEMENT

Cette pièce , ainsi que la Mort de César , est d'un genre par ticulier, le plus difficile de tous peut-être, mais aussi le plu utile. Dans ces pièces , ce n'est ni à un seul personnage ni à une famille qu'on s'intéresse, c'est à un grand événement historique. Elles ne produisent point ces émotions vives que le spectacle des passions tendres peut.seul exciter. L'intérêt de curiosité , qu'on éprouve à suivre une intrigue , est une ressource qui leur manque. L'effet des situations extraordinaires, ou des coups de théâtre , y peut difficilement être employé. Ce qi^i attache dans ces pièces , c'est le développement de grands caractères placés dans des situations fortes , le plaisir d'entendre de grandes idées exprimées dans de beaux vers , et avec un style auquel l'état des personnages à qui on les prête permet de donner de la pompe et de l'énergie, sans s'écarter de la vraisemblance ; c'est le plaisir d'être témoin , pour ainsi dire , d'une révolution qui fait époque dans l'histoire , d'en voir sous ses yeux mouvoir tous les ressorts. Elles ont surtout l'avantage précieux de donner à l'âme de l'élévation et de la force : en sortant de ces pièces , on se trouve plus disposé à une action de courage, plus éloigné de ramper devant un homme accrédité, ou de plier devant le pouvoir injuste et absolu. Elles sont plus difliciles à faire : il ne suffit pas d'avoir un grand talent pour la poésie dramatique, il faut y joindre une connaissance approfondie de l'histoire, une tête faite pour combiner des idées de politique, de morale et de philosophie. Elles sont aussi plus difliciles à jouer : dans les autres pièces, pourvu que les principaux personnages soient bien remplis , on peut être indulgent ( pour le reste ; mais on ne voit pas sans dégoût un Caton , un Clodius même, dire d'une manière gauche des vers qu'il a l'air de ne pas entendre. D'ailleurs, un acteur qui a éprouvé des passions, qui a l'àme sensible, sentira toutes los nuances de la passion dans un rôle d'amant, de père ou d'ami; mais comment un acteur qui

' Cet Avertissement est des éditeurs de Kehl.

n'a point reçu une éducation soignée , qui ne s'est point occupé des grands objets qui ont animé les personnages qu'il va représenter, trouvera -t-il le ton, l'action, les accents, qui conviennent à Cicéron et à César?

Rome sauvée fut représentée à Paris sur un théâtre particulier ». .Voltaire y joua le rôle de Cicéron. Jamais , dans aucun rôle , aucun acteur n'a porté si loin l'illusion : on croyait voir le consul. Ce n'étaient pas des vers récités de mémoire qu'on entendait, mais un discours sortant de l'âme de l'orateur. Ceux qui ont assisté à ce spectacle, il y a plus de trente ans , se souviennent encore du moment où l'auteur de Ro7nc sauvée s'écriait :

Romains , j'aime la gloire, et ne veux point m'en taire ,

avec une vérité si frappante , qu'on ne savait si ce noble aveu venait d'échapper à l'âme de Cicéron ou à celle de Voltaire.

Avant lui , la Mort de Pompée était le seul modèle des pièces de ce genre qu'il y eût dans notre langue , on peut dire même dans aucune langue. Ce n'est pas que le Jules César de Shakspeare , ses Tpièces tirées de V Histoire d'Angleterre, ainsi que quelques tragédies espagnoles , ne soient des drames historiques ; mais de telles pièces , où il n'y a ni unité ni raison , où tous les tons sont mêlés , où l'histoire est conservée jusqu'à la minutie , et les mœurs altérées jusqu'au ridicule, de telles pièces ne peuvent plus être comptées parmi les productions des arts que comme des monuments du génie brut de leurs auteurs , et de la barbarie lies siècles qui les ont produites.

Deux motifs ont fait choisir ce sujet de tragédie , qui paraît impraticable , et peu fait pour les mœurs , pour les usages , la manière de penser , et le théâtre de Paris.

On a voulu essayer encore une fois , par une tragédie sans déclaration d'amour , de détruire les reproches que toute l'Europe savante fait à la France , de ne souffrir guère au théâtre que les intrigues galantes ; et on a eu surtout pour objet de faire connaître Cicéron aux jeunes personnes qui fréquentent les spectacles.

Les grandeurs passées des Romains tiennent encore toute la

» Le 8 juin 1730 , et chez la duchesse du Maine , à Sceaux , le 22 juin de la même année. "Voltaire était en Prusse quand sa tragédie fut représentée pour la première fois sur le Théâtre-Français . le 24 février 17o2.

ï Cette préface est de Voltaire.

l'RKFACK. 487

terre attentive, et l'Italie moderne met une partie de sa gloire à découvrir quelques ruines de l'ancienne. On montre avec respect la maison que Cicéron occupa. Son nom est dans toutes les bouches , ses écrits dans toutes les mains. Ceux qui ignorent dans leur pairie quel chef était à la tête de ses tribunaux il y a cinquante ans , savent en quel temps Cicéron était à la tête de Rome. Plus le dernier siècle de la république romaine a été bien connu de nous , plus ce grand homme a été admiré. Nos nations modernes , trop tard civilisées , ont eu longtemps de lui des idées vagues ou fausses. Ses ouvrages servaient à notre éducation ; mais on ne savait pas jusqu'à quel point sa personne était respectable. L'auteur était superticiellement connu; le consul était presque ignoré. Les lumières que nous avons acquises nous ont appris à ne lui comparer aucun des hommes qui se sont mêlés du gouvernement, et qui ont prétendu à l'éloquence.

Il semble que Cicéron aurait été tout ce qu'il aurait voulu être. Il gagna une bataille dans les gorges d'Issus, où Alexandre avait vaincu les Perses. Il est bien vraisemblable que s'il s'était donné tout entier à la guerre , à cette profession qui demande un sens droit et une extrême vigilance , il eut été au rang des plus illustres capitaines de son siècle ; mais comme César n'eût été que le second des orateurs , Cicéron n'eût été que le second des généraux. Il préféra à toute autre gloire celle d'être le père de la maîtresse du monde : et quel prodigieux mérite ne fallaitil pas à un simple chevalier d'Arpinum , pour percer la foule de tant de grands hommes , pour parvenir sans intrigue à la première place de l'univers , malgré l'envie de tant de praticiens qui régnaient à Rome !

Ce qui étonne surtout , c'est que , dans les tumultes et les orages de sa vie , cet homme, toujours chargé des affaires de l'État et de celles des particuliers, trouvât encore du temps pour être instruit à fond de toutes les sectes des Grecs, et qu'il fût !e plus grand philosophe des Romains , aussi bien que le plus éloquent. Y a-t-il dans l'Europe beaucoup de ministres, de magistrats, d'avocats même un peu employés , qui puissent , je ne dis pas expliquer les admirables découvertes de Newton et les idées de Leibnitz , comme Cicéron rendait compte des principes de Zenon , de Platon , et d'Épicure , mais qui puissent répondre à une question profonde de philosophie?

Ce que peu de personnes savent, c'est que Cicéron était encore un des premiers poètes d'un siècle où la belle poésie commençait à naitre. Il balançait la réputation de Lucrèce. Y a-t-il rien de plus beau que ces vers qui nous sont restés de son poème sur Marins , et qui font tant regretter la perte de cet ou\ rage ?

«Sic Jovis altisoni siiljito pinnat;i salflles, « Arboris e trunco , serpcnlis smiria morsu ,

«< lps;i ferissnbigit transflgens unguibus anguem « Scmianimum , et varia graviter cervice raicantem. « (Jiiein se intorquentem lanians rostroque cruentans, ■< Jam satiata animiim , jam duros ulta dolores , « Abjicit efflantem , et laccratum affliglt in undas, « Seque obitu a solis nitidos convertit ad orlus. »

Je suis de plus en plus persuadé que notre langue est impuissante à rendre l'harmonieuse énergie des vers latins comme des vers grecs ; mais j'oserai donner une légère esquisse de ce petit tableau, peint par le grand homme que j'ai osé faire parler dans Rome sauvée, et dont j'ai imité en quelques endroits les Catilinaires.

Tel on voit cet oiseau qui porte le tonnerre , Blessé par un serpent élancé de la terre; Ils'envole; il entraîne au séjour azuré L'ennemi tortueux dont il est entouré.

Le sang tombe des airs. Il déchire , il dévore Le reptile acharné qui le combat encore ; 11 le perce , il le tient sous ses ongles vainqueurs ; Par cent coups redoublés il venge ses douleurs. Le monstre en expirant se débat, se replie; 11 exhale en poisons les restes de sa vie ; Et l'aigle tout sanglant, fier , et victorieux , Le rejette en fureur, et plane au haut des deux.

Pour peu qu'on ait la moindre étincelle de goût , on apercevra dans la faiblesse de cette copie la force du pinceau de l'original. Pourquoi doncCicéron passe-t-il pour un mauvais poëte? Parce qu'il a plu à Juvénal de le dire , parce au'on lui a Imputé un vers ridicule :

« O fortunatam natam , me consule , Romam ! » .

C'est un vers si mauvais, que le traducteur, qui a voulu en exprimer les défauts en français , n'a pu même y réussir.

0 Rome fortunée.

Sous mon consulat née !

ne rend pas, à beaucoup près , le ridicule du vers latin.

Je demande s'il est possible que l'auteur du beau morceau de poésie que je viens de citer ait fait un vers si impertinent? Il y a des sottises qu'un homme de génie et de sens ne peut jamais dire. Je m'imagine que le préjugé , qui n'accorde presque jamais deux genres à un seul homme , lit croire Cicéron incapable de la poésie quand il y eut renoncé. Quelque mauvais plaisant, quelque ennemi de la gloire de ce grand homme , imagina ce vers ridicule, et l'attribua à l'orateur, au philosophe, au père de Rome. Juvénal , dans le siècle suivant , adopta ce bruit populaire , et le fit passer à la postérité dans ses déclamations satiri-

(jues; et j'ose croire que beaucoup de réputations bonnes ou mauvaises se sont aiusi établies.

On impute , par exemple , au P. Malebranche ces deux vers r Il fait en ce beau jour le plus beau temps du monde , Pour aller à cheval sur la terre et sur l'onde.

On prétend qu'il les fit pour montrer qu'un philosophe peut , quand il le veut, être poète. Quel homme de bon sens croira que le P. Malebranche ait fait quelque chose de si absurde? Cependant , qu'un écrivain d'anecdotes , un compilateur littéraire , transmette à la postérité cette sottise , elle s'accréditera avec le temps ; et si le P. Malebranche était un grand homme, on dirait un jour : Ce grand homme devenait un sot quand il était hors de sa sphère.

On a reproché à Cicéron trop de sensibilité , trop d'affliction dans ses malheurs. Il confie ses justes plaintes à sa femme et à son ami, et on impute à lâcheté sa franchise. Le blâme qui voudra d'avoir répandu dans le sein de l'amitié les douleurs qu'il cachait à ses persécuteurs : je l'en aime davantage. 11 n'y a guère que les âmes vertueuses de sensibles. Cicéron , qui aimait tant la gloire , n'a point ambitionné celle de vouloir paraître ce qu'il n'était pas. Nous avons vu des hommes mourir de douleur pour avoir perdu de très-petites places , après avoir alTecté de dire qu'ils ne les regrettaient pas : quel mal y a-t-il donc à avouer à sa femme et à son ami qu'on est fâché d'être loin de Rome qu'on a servie , et d'être persécuté par des ingrats et par des perfides? II faut fermer son cœur à ses tyrans , et l'ouvrir à ceux qu'on aime.

Cicéron était vrai dans toutes ses démarches ; il parlait de son affliction sans honte, et de son goût pour la vraie gloire sans détour. Ce caractère est à la fois naturel , haut et humain. Préférerait-on la politique de César, qui, dans ses Commentaires, dit qu'il a offert la paix à Pompée, et qui, dans ses lettres, avoue qu'il ne veut pas la lui donner? César était un grand homme ; mais Cicéron était un homme vertueux.

Que ce consul ait été un bon poète, un philosophe qui savait douter, un gouverneur de province parfait, un général habile; que son âme ait été sensible et vraie, ce n'est pas là le mérite dont il s'agit ici. Il sauva Rome malgré le sénat, dont la moitié était animée contre lui par l'envie la plus violente. Il se fit des ennemis de ceux même dont il fut l'oracle, le libérateur et le vengeur. Il prépara sa ruine par le service le plus signalé que jamais homme ait rendu à sa patrie. Il vit cette ruine , et il n'en fut point effrayé. C'est ce qu'on a voulu représenter dans cette tragédie : c'est moins encore l'âme farouche de Calilina , que l'àrae noble et généreuse de Cicéron , qu'on a voulu peindre.

Nous avons toujours cru, et on s'était confirmé plus que jamais dans l'idée que Cicéron est un des caractères qu'il ne faut jamais mettre sur Je tliéâtre. Les Anglais, qui hasardent tout, sans même savoir qu'ils hasardent, ont fait une tragédie de la conspiration de Catilina. Ben-Jonson n'a pas manqué, dans cette tragédie historique, de traduire sept ou huit pages des Catilinaires ; et même il les a traduites en prose, ne croyant pas que l'on pût faire parler Cicéron en vers. La prose du consul et les vers des autres personnages font , à la vérité, un contraste digne de la barbarie du siècle de Ben-Jonson ; mais pour traiter un sujet si sévère , dénué de ces passions qui ont tant d'empire sur le coeur , il faut avouer qu'il fallait avoir affaire à un peuple sérieux et instruit , digne eu quelque sorte qu'on mît sous ses yeux l'ancienne Rome.

Je conviens que ce sujet n'est guère théâtral pour nous , qui , ayant beaucoup plus de goût , de décence , de connaissance du théâtre, que les Anglais, n'avons généralement pas des mœurs si fortes. On ne voit avec plaisir au théâtre que le combat des passions qu'on éprouve soi-même. Ceux qui sont remplis de l'étude de Cicéron et de la république romaine ne sont pas ceux qui fréquentent les spectacles. Ils n'imitent point Cicéron , qui y était assidu. Il est étrange qu'ils prétendent être plus graves que lui; ils sont seulement moins sensibles aux beaux- arts, ou retenus par un prgugé ridicule. Quelques progrès que ces arts aient faits en France, les hommes choisis qui les ont cultivés n'ont point encore communiqué le vrai goût à toute la nation. C'est que nous sommes nés moins heureusement que les Grecs et les Romains. On va aux spectacles plus par oisiveté que par un véritable amour de la littérature.

Cette tragédie parait plutôt faite pour être lue par les amateurs de l'antiquité , que pour être vue par le parterre. Elle y fut à la vérité applaudie , et beaucoup plus que Zaïre; mais elle n'est pas d'un genre à se soutenir comme Zaïre sur le théâtre. Elle est beaucoup plus fortement écrite , et une seule scène entre César et Catilina était plus difficile à faire que la plupart des pièces où l'amour domine. Mais le cœur ramène à ces pièces, et l'admiration pour les anciens Romains s'épuise bientôt. Personne ne conspire aujourd'hui , et tout le monde aime.

D'ailleurs les représentations de Catilina exigent un trop grand nombre d'acteurs , un trop grand appareil.

Les savants ne trouveront pas ici une liistoire fidèle de la conjuration de Catilina; ils sont assez persuadés qu'une tragédie n'est pas une histoire ; mais ils y verront une peinture vraie des mœurs de ce temps-là. Tout ce que Cicéron , Catilina , Ca-

lou , César , ont fait dans cette pièce , n'est pas vrai ; mais leur génie et leur caractère 3' sont peints fidèlement.

Si on n'a pu y développer l'éloquence de Cicéron , on a du moins étalé toute sa vertu, et tout le courage qu'il lit paraître dans le péril. On a montré dans Catilina ces contrastes de férocité et de séduction qui formaient son caractère ; on a fait voir César naissant, factieux et magnanime, César fait pour être à la fois la gloire et le fléau de Rome.

On n'a point fait paraître les députés des Allobroges , qui n'étaient point des ambassadeurs de nos Gaules, mais des agents d'une petite province d'Italie soumise aux Romains, qui ne lirent que le personnage de délateurs , et qui par là sont indignes de figurer sur la scène avec Cicéron, César et Caton,"

Si cet ouvrage parait au moins passablement écrit, et s'il fait connaître un peu Tancienne Rome , c'est tout ce qu'on a prétendu , et tout le prix qu'on attend.

TRAGÉDIE EN CINQ ACTES

REPRÉsriHïÉE A PARIS, LE 24 FEVRIER 1732.

Vincet amor patriae , laudumque immensa cupido.

VlRG. ,^n., VI, 825.

PERSONNAGES

CICÉRON

CÉSAR

CATILINA

AURÉLIE

CATON

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