ACTE 1, SCENE IL
Ennemi de ton siècle , espiit dur et farouche , Ton terme est arrivé, ton imprudence y touche. Fier sénat de tyrans qui tiens le monde aux fers, Tes fers. sont préparés, tes tomheaux sont ouverts.* Que ne puis-je en ton sang, impérieux Pompée, Éteindre de ton nom la splendeur usurpée ! Que ne puis-je opposer à ton pouvoir fatal Ce César si terrible, et déjà ton égal! Quoi! César, comme moi factieux dès l'enfance. Avec Catilina n'est pas d'intelligence ? Mais le piège est tendu ; je prétends qu'aujourd'iuii Le trône qui m'attend soit préparé par lui. Il faut employer tout, jusqu'à Cicéron même, Ce César que je crains, mon épouse que j'aime : Sa docile tendresse , en cet affreux moment , De mes sanglants projets est l'aveugle instrument. Tout ce qui m'appartient doit être mon complice. Je veux 'que l'amour même à mon ordre obéisse. Titres chers et sacrés , et de père , et d'époux , Faiblesses des humains , évanouissez-vous !