‹ ThéatreChapitre 378 sur 520 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CATILINA, CÉTHÉGUS; affranchis et soldats , Jans le lointain.

CATILINA

Eh bien ! cher Céthégus, tandis que la nuit sombre Cache encor nos desseins et Rome dans son ombre , Avez-vous réuni les chefs des conjurés.'

CÉTnÉGLS.

Ils viendront dans ces lieux du consul ignorés. Sous ce portique même , et près du temple impie Oîi domine un sénat, tyran de l'Italie. Ils ont renouvelé leurs serments et leur foi. Mais tout est-il prévu ? César est-il à toi.? Seconde-t-il enfin Catilina qu'il aime ?

CATILINA

Cet esprit dangereux n*agit que pour lui-même.

CÉTHÉGDS.

Conspirer sans César !

CATILINA

Ah ! je l'y veux forcer :

/;;)4 ROME SALVËE

Dans ce piège sanglant je veux l'embarrasser.

Mes soldais , en son nom , vont surprendre Prénesie;

Je sais qu'on le soupçonne, et je réponds du reste.

Ce consul violent va bientôt l'accuser;

Pour se venger de lui , César peut tout oser.

Rien n'est si dangereux que César qu'on irrite;

C'est un lion qui dort , et que ma voix excite.

Je veux que Cicéron réveille son courroux ,

Et force ce grand homme à combattre pour nous.

CÉTHÉGUS

Mais Nonnius enfin dans Préneste est le maître ; Il aime la patrie , et tu dois le connaître : Tes soins pour le tenter ont été superflus. Que faut-il décider du sort de Nonnius ?

CATILmA.

Je t'entends ; tu sais trop que sa fille m'est chère. Ami , j'aime Aurélie en détestant son père. . Quand il sut que sa fille avait conçu pour moi Ce tendre sentiment qui la tient sous ma loi ; Quand sa haine hnpuissante , et sa colère vaine , Eurent tenté sans fruit de briser notre chaîne ; A cet hymen secret quand il a consenti , Sa faiblesse a tremblé d'offenser son parti. Il a craint Cicéron ; mais mon heureuse adreî Avance mes desseins par sa propre faiblesse. J'ai moi-même exigé, par un serment sacré. Que ce nœud clandestin fût encore ignoré. Céthégus et Sura sont seuls dépositaires De ce secret utile à nos sanglants mystères. Le palais d'Aurélie au temple nous conduit ; C'est là qu'en sûreté j'ai moi-même introduit Les armes, les flambeaux, l'appareil du carnag»;. De nos vastes succès mon hymen est le gage. Vous m'avez bien servi ; l'amour m'a servi mieus. C'est chez Nonnius même , à l'aspect de ses dieux , Sous les murs du sénat , sous sa voûte sacrée , Que de tous nos tyrans la mort est préparée.

(aux conjurés qui sont dans le fond.) Vous , courez dans Préneste , où nos amis secrets Ont du nom de César voilé nos intérêts ; Que Nonnius surpris ne puisse sç défendre.

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