ACTE 1, SCEME V
Que, soldai en Asie, et juge dans l'Afrique, J'ai , malgré nos excès et nos divisions , Rendu Rome terrible aux yeux des nations. Moi , je la trahirais : moi , qui l'ai su défendre !
CICÉRO.N
Marins et Sylla , qui la mirent en cendre , Ont mieux servi l'État, et l'ont mieux défendu. Les tyrans ont toujours quelque ombre de vertu ; Ils soutiennent les lois avant de les abattre.
CATILINA
! Ah : si vous soupçonnez ceux qui savent combattre ,
I Accusez donc César, et Pompée, et Crassus.
' Pourquoi fixer sur moi vos yeux toujours déçus? Parmi tant de guerriers dont on craint la puissance, Pourquoi suis-je l'objet de votre défiance.? Pourquoi me choisir, moi? par quel zèle emporté...
CICÉRON
Vous-même jugez-vous : l'avez-vous mérité ?
CATILINA
Non; mais j'ai trop daigné m'abaisser à l'excuse; Et plus je me défends , plus Cicéron m'accuse. Si vous avez voulu me parler en ami, Vous vous êtes trompé, je suis votre ennemi : Si c'est en citoyen , comme vous je crois l'être, Et si c'est en consul , ce consul n'est pas maître;
II préside au sénat, et je peux l'y braver.
CICÉRON
J'y punis les forfaits; tremble de m'y trouver! Malgré toute ta haine, à mes yeux méprisable. Je l'y protégerai, si tu n'es pas coupable : Fuis Rome, si tu l'es.
CATILINA
C'en est trop ; arrêtez.
C'est trop souffrir le zèle où vous vous emportez. De vos vagues soupçons j'ai dédaigné l'injure; Mais, après tant d'affronts que mon orgueil endure, 'e veux que vous sachiez que le plus grand de tous S'est pas d'être accusé , mais protéine par vous.