‹ ThéatreChapitre 389 sur 520 · CATILINA, CÉSAR · texte numérisé non relu

CATILINA, CÉSAR

CATILINA

Eh bien ! César, eh bien ! toi de qui la fortune

Dès le temps de Sylla me fut toujours commune,

Toi dont j'ai présagé les éclatants destins ,

Toi né pour être un jour le premier des Romains ,

N'es-tu donc aujourd'hui que le premier esclave

Du fameux plébéien qui t'irrite et te brave ?

Tu le hais, je le sais, et ton œil pénétrant

Voit pour s'en affranchir ce que Rome entreprend ;

Et tu balancerais , et ton ardent courage

Craindrait de nous aider à sortir d'esclavage!

Des destins de la terre il s'agit aujourd'hui ,

Et César souffrirait qu'on les changeât sans lui!

Quoi! n'es-tu plus jaloux du nom du grand Pompée;

Ta haine pour Caton s'est-elle dissipée ?

]N"es-tu pas indigné de servir les autels,

Quand Cicéron préside au destin des mortels ,

Quand l'obscur habitant des rives du Fibrène

Siège au-dessus de toi sur la pourpre romaine?

Souffriras-tu longtemps tous ces rois fastueux ,

Cet heureux LucuUus, brigand voluptueux ,

Fatigué de sa gloire , énervé de mollesse ;

Un Crassus étonné de sa propre richesse.

Dont l'opulence avide , osant nous insulter,

Asservirait l'État, s'il daignait l'acheter?

Ah! de quelque côté que tu jettes la vue.

Vois Rome turbulente, ou Rome corrompue;

Vois ces lâches vainqueurs , en proie aux factions,

Disputer, dévorer le sang des nations.

Le monde entier t'appelle , et tu restes paisible !

Veux-tu laisser languir ce courage invincible?

De Rome qui te parle as-tu quelque pitié?

César est-il fidèle à ma tendre amitié?

CÉSAR

Oui , si dans le sénat on to fait injustice ,

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