ACTE JIJ, SCÈNE V
C'est lorsque dans la nuit le sénat se sépaie, Que le parti s'assemble, et que tout se déclare. Que faire?
CÉTHÉGUS, à Calilina.
Tu te tais , et tu frémis d'effroi ;'
C ATI LIN A,
Oui , je frémis du coup que mon sort veut de moi.
SLRA.
J'attends peu d'Aurélie; et, dans ce jour funeste, Vendre cher notre vie est tout ce qui nous reste.
CATILINA
Je compte les moments , et j'observe les lieux. Aurélie, en flattant ce vieillard odieux, En le baignant de pleurs , en lui demandant grâce, Suspendra pour un temps sa course et sa menace. Cicéron, que j'alarme, est ailleurs arrêté; C'en est assez, amis, tout est en sûreté. Qu'on transporte soudain les armes nécessaires ; Armez tout , affranchis , esclaves , et sicaires ; Débarrassez l'amas de ces lieux souterrains", Et qu'il en reste encore assez pour mes desseins. Vous , fidèle affranchi , brave et prudent Septime , Et vous , cher IVÎartian , qu'un même zèle anime , Observez Aurélie, observez Nonnius :
Allez; et, dans l'instant qu'ils ne se verront plus, Abordez-le en secret de la part de sa fille ; Peignez-lui son danger, celui de sa famille; Attirez-le , en parlant, vers ce détour obscur Qui conduit au chemin de ïibur et d'Anxur : Là, saisissant tous deux le moment favorable, Vous. .. Ciel ! que vois-je.^