ACTE V, SCÈNE VI
LE GRAND PRÊTRE
C'en est lait, et les dieux sont contents. Laïus, du sein des morts, cesse de vous pouisuivre ; II vous permet encor de régner et de vivre ; Le sang d'Œdipe enfin suffit à son courroux.
LE CHOEUR
Dieux I
JOCASTE
O mon fils I hélas l dirai-je mon époux ? O des noms les plus cliers assemblage effroyable î Il est donc mort?
LE GRAND PRÊTRE
Il vit , et le sort qui l'accable Des morts et des vivants semble le séparer : Il s'est privé du jour avant que d'expirer. Je l'ai vu dans ses yeux enfoncer cette épée Qui du sang de son père avait été trempée; Il a rempli son sort, et ce moment fatal Du salut des Thébains est le premier signal. Tel est l'ordre du ciel , dont la fureur se lasse : Comme il veut, aux mortels il fait justice ou grâce Ses traits sont épuisés sur ce malheureux fils. Vivez, il vous pardonne.
J0CASTE,se frappant.
Et moi , je me punis.
J\Tr un pouvoir affreux réservée à l'inceste, ^La mort est le seul bien, le seul dieu qui me reste,. Laïus, reçois mon sang, je te suis chez les morts ; , J'ai vécu vertueuse, et je meurs sans remords. •
LE CHOEUR
O malheureuse reine [ ô destin que j'abhorrej
JOGASTE.
i\e plaignez que mon fils , puisqu'il respire encore. Prêtres , et vous , Thébains , qui fûtes mes sujets , Honorez mon bûcher, et songez à jamais Qu'au milieu des horreurs du destin qui m'opprime J'.ii fait rougir les dieux qui m'ont forcée au crime.
FIN BCH-Ull'E.