ACTE il, SCÈNE III. J
De 1 espoir de l'empire , et du fils de mon roi : Est-il en sûreté?
ÉTAN.
Les tombeaux de ses pères Cachent à nos tyrans sa vie et ses misères. Il vous devra des jours pour souffrir commencés; Présent fatal peut-être !
Il vit : c'en est assez.
O vous à qui je rends ces services fidèles, O mes rois, pardonnez mes larmes paternelles!
ÉTAN.
Osez-vous en ces lieux gémir en liberté?
ZAMTI.
Où porter ma douleur et ma calamité ?
Et comment désormais soutenir les approches , Le désespoir, les cris, les éternels reproches, Les imprécations d'une mère en fureur?
Encor, si nous pouvions prolonger son erreur!
ÉTAN.
On a ravi son fils dans sa fatale absence : A nos cruels vainqueurs on conduit son enfance; Et soudain j'ai volé pour donner mes secours Au royal orphelin dont on poursuit les jours.
ZAMTI.
Ah! du moins, cherÉtan , si tu pouvais lui dire Que nous avons hvré l'héritier de l'empire , Que j'ai caché mon fiJs , qu'il est en sûreté î Imposons quelque temps à sa créduhté.
Hélas ! la vérité si souvent est cruelle I On l'aime ; et les humains sont malheureux par elle. Allons... Ciel! elle-mên)e approche de ces lieux ; La douleur et la mort sont peintes dans ses yeux.