‹ ThéatreChapitre 440 sur 520 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

GENOIS, OCTAR.

Eh bien! pouvais-tu croire Que le sort m'élevàt à ce comble de gloire ? Je foule aux pieds ce trône, et je règne en des lieux Où mon front avili n'osa lever les yeux. Voici donc ce palais , cette superbe ville Où , caché dans la foule, et cherchant un asile, J'essuyai les mépris qu'à l'abri du danger L'orgueilleux citoyen prodigue à l'étranger : On dédaignait un Scythe, et la honte et l'outrage De mes vœux mal conçus devinrent le partage; Une femme ici même a refusé la main Sous qui, depuis cinq ans, tremble le genre humain.

OCTAR.

Quoi ! dans ce haut degré de gloire et de puissance , Quand le monde à vos pieds se prosterne en silence, D'un tel ressouvenir vous seriez occupé!

GENGIS

Mon esprit, je l'avoue , en fut toujours frappé. Des affronts attachés à mon humble fortune C'est le seul dont je garde une idée importune.

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