ACTE m, SCÈNE IV
ZAMTI.
Le crime est d'obéir à des ordres injustes. La souveraine voix de mes maîtres augustes, Du sein de leurs tombeaux , parle plus haut que toi : Tu fus notre vainqueur , et tu n'es pas mon roi ; Si j'étais ton sujet , je te serais fidèle. Arrache-moi la vie , et respecte mon zèle : Je t'ai livré mon fils , j'ai pu te l'immoler; Penses-tu que pour moi je puisse encor trembler ?
GENGIS
Qu'on l'ôte de mes yeux.
mAMÉ.
Ah! daignez...
Qu'on l'entraîne,
IDAMÉ
Non , n'accablez que moi des traits de votre haine. Cruel ! qui m'aurait dit que j'aurais par vos coups Perdu mon empereur, mon fils, et mon époux? Quoi ! votre âme jamais ne peut être amollie ?
GENGIS
Allez , suivez l'époux à qui le sort vous lie. Est-ce à vous de prétendre encore à me toucher ? Et quel droit avez-vous de me rien reprocher.?
IDAMÉ
Ah ! je l'avais prévu , je n'ai plus d'espérance.
GENGIS
Allez, dis-je, Idamé : si jamais la clémence
Dans mon cœur malgré moi pouvait encore entrer,
Vous sentez quels affronts il faudrait réparer.