‹ ThéatreChapitre 457 sur 520 · ACTE IV, SCÈNE IV. H · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV. H

GENGIS

Il sait mes sentiments , madame ; il faut \^ suivra Il s'y conformera , s'il aime encore à yiyoFp.

IDAMÉ

Il en est incapable ; et si dans les tourraentj» La douleur égarait ses nobles sentiments, Si son âme vaincue avait quelque mollesse, Mon devoir et ma foi soutiendraient sa faiblesse; De son cœur cliancelant je deviendrais l'appui, En attestant des nœuds déshonorés pï\r lui,

GE.NGIS.

Ce que je viens d'entendre, 6 dieux , est- il croyable? Quoi ! lorsque envers vous-même il s'est rendu coupable , Lorsque sa cruauté , par un barbare effort, Vous arrachant un fds , l'a conduit à la mort !

IDAMÉ

Il eut une vertu , seigneur , que je révère : Il pensait en héros, je n'agissais qu'en mère; Et, si j'étais injuste assez pour le haïr. Je me respecte assez pour ne le point trahir.

GENOIS.

Tout m'étonne dans vous , mais aussi tout m'oulrîi^e : J'adore avec dépit cet excès de courage ; Je vous aime encor plus quand vous me résistez : Vous subjuguez mon cœur, et vous le révoltez. Redoutez-moi ; sachez que , malgré ma faiblesse. Ma fureur peut aller plus loin que ma tendresse.

IDAMÉ

Je sais qu'ici tout tremble ou périt sous vos coups : Les lois vivent encore , et l'emportent sur vous.

GENCIS.

Les lois ! il n'en est plus : quelle erreur obstinée

Ose les alléguer contre ma destinée.'

Il n'est ici de lois que celles de mon cœur,

Celles d'un souverain, d'un Scythe , d'un vainqueur :

Les lois que vous suivez m'ont été trop fatales.

Oui , lorsque dans ces lieux nos fortums égales,

INos sentiments, nos cœurs, l'un vers l'autre emportés,

(Car je le crois ainsi malgré vos cruautés),

Quand tout nous unissait, vos lois, que je déteste,

Ordonnèrent ma honte et votre hvmon funeste.

Je les anéantis , je parle, c'est assez :

Imitez l'univers , madame ; obéissez.

Vos mœurs , que vous vantez , vos usages austères ,

Sont un crime à mes yeux , quand ils me sont contraires.

Mes ordres sont donnés , et votre indigne époux

Doit remettre en mes mains votre empereur et vous :

Leurs jours me répondront de votre obéissance.

Pensez-y; vous savez jusqu'où va ma vengeance,

Et songez à quel prix vous pouvez désarmer

Un maître qui vous aime , et qui rougit d'aimer.

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