ACTE II, SCÈNE IV
Aménaïde , hélas ! ne peut être innocente ; Mais signer à la fois mon opprobre et sa mort , Vous ne le voulez pas, c'est un barbare eflort : La nature en frémit , et j'en suis incapable.
LORÉDAN
Nous plaignons tous, seigneur, un père respectable ; Nous sentons sa blessure , et craignons de l'aigrir. Mais vous-même avez vu cette lettre coupable : L'esclave la portait au camp de Solamir ; Auprès de ce camp môme on a surpris le traître , Et l'insolent Arabe a pu le voir punir. Ses odieux desseins n'ont que trop su paraître. L'État était perdu. Nos dangers, nos serments, Ne souffrent point de nous de vains ménagements : Les lois n'écoutent point la pitié paternelle; L'État parle , il suffit.
A.RGI11E.
Seigneur , je vous entends.
Je sais ce qu'on prépare à cette criminelle. Mais elle était ma fille .. et voilà son époux. „ Je cède à ma douleur.... Je m'abandonne à vous... Il ne me reste plus qu'à mourir avant elle.
( 11 sort, )