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LES SÉNATEURS, BRUTUS , VALÉRIUS , PROCULUS

BRl'TUS.

Eh bien î Valérius , Ils sont saisis sans doute ? ils sont au moins connus ? Quel sombre et noir chagrin , couvrant votre visage,

ne BRUTUs.

De maux encor plus grands semble être le présage? Vous frémissez.

VALÉRIUS

Songez que vous êtes Brutus.

RRUTUS.

Expliquez- vous...

VALÉRIDS.

Je tremble à vous en dire plus.

(Il lui donne des tablettes.)

Voyez , seigneur ; lisez, connaissez les coupables.

BRUTUS, prenant les tablettes.

Me trompez-vous , mes yeux ? O jours abominables! O père infortuné ! Tibérinus ? mon fils ! Sénateurs, pardonnez... Le perfide est-il pris.^

VALÉRIUS

Avec deux conjurés il s'est osé défendre j

Ils ont choisi la mort plutôt que de se rendre;

Percé de coups, seigneur, il est tombé près d'eux.

Mais il reste à vous dire un malheur plus affreux ,

Pour vous , pour Rome entière , et pour moi , plus sensible.

Qu'entends-je?

VALÉRIUS

Reprenez cette liste terrible Que chez Messala même a saisi Proculus.

Lisons donc... Je frémis, je tremble. Ciel! Titus!

(Il se laisse tomber entre les bras de Proculus.) VALÉRIUS.

Assez près de ces lieux je l'ai trouvé sans armes , Errant, désespéré, plein d'horreur et d'alarmes. Peut-étre=ii détestait cet horrible attentat.

Allez , pères conscrits , retournez au sénat; Il ne m'appartient plus d'oser y prendre place : Allez, exterminez ma criminelle race; Punissez-en le père, et jusque dans mon flanc Recherchez sans pitié la source de leur sang. Je ne vous suivrai point , de peur que ma présence Ne suspendît de Rome ou fléchît la vengeance.

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