CHAPITRE XVI. LES SIMPLES MORTELS
mations profondes de la civilisation, qui ont agi surtout pour modifier les classes supérieures de la société, il reste dans la vallée du Nil des éléments d’une stabilité presque éternelle. Les conditions fondamentales du climat et du sol, les nécessités de l’existence n’ont guère varié.
À certaines époques, la plupart de ces scènes populaires étaient reproduites en de petits groupes de bois qu’on déposait dans les tombes ; mais les découvertes de ces modèles sont rares à Thèbes, tandis que, dans la nécropole, la vie populaire est représentée sur d’innombrables tableaux peints ou gravés.
Entrons chez Menna (n° 69) ; sur le mur de gauche, le propriétaire du tombeau, qui était scribe des champs du roi dans les deux Egyptes, est peint dans l’exercice de ses fonctions (fig. 197 et 200). Ï1 est assis sur une chaise pliante et semble écouter les rapports que lui font ses employés. A différentes places, on a répété son image : assis ou debout, sous un pavillon, il assiste à l’une ou l’autre phase des travaux des champs. A droite en haut, on voit le bateau sur lequel le grand personnage navigue pour se rendre dans les diverses localités où 1l préside aux inspections. Menna reçoit les notables ; devant lui on distribue généreusement des coups de bâton à des contribuables trouvés en défaut. La scène suivante nous montre les vérificateurs occupés à mesurer le champ afin de déterminer la quotité de l'impôt. Les cultivateurs voulant s’attirer la sympathie des employés, leur apportent des présents.
Pour suivre l’ordre logique, il faut passer aux registres inférieurs du tableau ; nous y voyons, à gauche, les piocheurs qui défoncent le sol, les semeurs accompagnés d'ouvriers qui manœuvrent de légères charrues jouant le rôle de herses. A droite, on récolte le lin; on Parrache du champ, trois hommes s’occupent à l’égrainer.
Au deuxième registre, à gauche, Menna s’est mis à l’ombre sous un kiosque, à proximité d’un sycomore chargé de fruits; devant lui, les moissonneurs coupent les blés, une femme circule parmi les ouvriers et leur ap- | | | porte à boire ; dans Fi. 194: (Phot. H. Burton.) TOMBEAU DE NAKHT. Scènes agricoles.
le fond on a dessiné quelques arbres. À l’ombre de l’un d’eux sont déposés les aliments des ouvriers sous la garde d’une fillette. On a confié à celle-ci un jeune enfant, attaché
| dans un sac porté FIG. 195. (Phot. W. Wreszinski.) TOMBEAU DE PINEHAS. en sautoir par la L’âne et son conducteur. !
crandé sœur Lorsque les épis sont coupés, des ouvriers les transportent dans un grand filet. Une scène épisodique amusante montre deux fillettes qui, occupées à glaner, se sont prises de querelle au sujet de quelques épis. On pourrait croire que ce sont les mêmes qui, au registre inférieur, étaient gentiment occupées à enlever les échardes qui s'étaient introduites dans leurs pieds nus. À l’extrémité du champ, il y a un grand sycomore dans les branches duquel est suspendue une outre. Deux ouvriers se reposent à l’ombre ; l’un d’eux s’est endormi tandis que l’autre joue de la flûte. À côté, vers la droite, on prépare l’aire, les bœufs seront employés au dépiquage. Au-dessus, au troisième registre, le travail est commencé : des hommes armés de fourches rejettent constamment vers le centre les épis qui s’écartent. Bientôt l’équipe des vanneuses pourra venir ;lachever le nettoyage des F grains. Les ouvrières, qui ont enveloppé leurs cheveux dans un linge, ramassent le grain, mêlé encore à la balle, CtRICRICTLENTReR Pair. Après un certain temps le vent a emporté toute la paille. Il ne restera plus
LD Es © DSUEE la F1G. 196. (Aquar. G. Legrain.) TOMBEAU D’IPOUY. récolte et à DIe= Shadouf dans un jardin.