‹ Thébes; la gloire dún grand passéChapitre 109 sur 137 · OI · texte numérisé non relu

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laissent et s’enfuient pour sauver leur grain. »

D’autres scènes agricoles montrent de légères variantes.

Chez Kaembhat un des ouvriers, altéré, est en train de boire à l’outre pendue dans les branches du sycomore. Chez Nakht, on remplit le filet, mais les épis FIG. 201. (Phot. W.-M. Flinders Petrie.) TOMBEAU D’HOREMHEB. empêchent de fixer

Le vieux trappeur. x $ À

le bâton qui doit servir au transport : un des ouvriers saute et pèse de tout son poids sur l'extrémité de la perche ; un autre s’apprête à l’entourer au bon moment d’une corde qui la maintiendra en place (fig. 194). Au tombeau de Pinehas (n° 16), l’âne qui transporte les épis, suivi de son ânier, est rendu d’une manière extrémement amusante (fig. 195). Chez Ouserhat (n° 56), les bouviers sont fort occupés de leurs bêtes, les menant en bande, empêchant les disputes, ligottant les pattes de quelques animaux qu’il s’agit de marquer (fig. 203).

Dans les jardins, comme chez Rekhmara par exemple, les arroseurs ont été puiser l’eau à l’étang ms et vont d’allée en allée pour la déverser aux pieds des'arbres.

Chez Ipouy (n° 217), des ouvriers manœuvrent des shadoufs, machines d’irrigation encore en usage dans toute l’Egypte (fig.

196). Un peu partout on a représenté des gagne-petit acCroupis à côté de leurs marchandises et qui cher-

chen l ME RE t les clients (fig. FIG: 202 (Phot. H. Burton.) TOMBEAU DE POUYMRÉ. 198). Chez Kaem- Récolte du papyrus. |

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hat, par exemple, dans la scène de débarquement des grains,on voit les matelots qui s’approchent des marchands attirés par l’appât des profits, à l’arrivée de la flotte.

Les surveillants et les contremaîtres se font remarquer au milieu de tout ce petit monde et nous avons déjà constaté chez Menna qu’on jouait du bâton avec une certaine aisance. Au moindre défaut, à la moindre négligence, la bastonnade exerce son influence. Les professeurs égyptiens prétendaient que « l’enfant a un dos et qu’il écoute celui qui le frappe ». L’ancien élève écrit à son maître : « J’ai été avec toi depuis mon enfance, tu as frappé mon dos, et tes enseignements sont entrés dans mes oreilles.» Au tribunal de Rekhmara, c’est le bâton à la main que les huissiers

FIG. 204. (Phot. W. Wreszinski.) TOMBEAU D’OUSERHAT. Repos des travailleurs. Le barbier.

introduisent les plaignants devant le vizir. Il faut voir au tombeau d’Ipouy

(n° 217) de quel air supérieur les contremaîtres donnent leurs instructions aux ouvriers et avec quelle vigueur on secoue un paresseux qui avait cru pou se reposer sur le toit du tabernacle.

Une des corvées qui a toujours déplu beaucoup aux Egyptiens est le service militaire. Dans quelques tombes d’officiers supérieurs nous voyons la levée ET

troupes et les exercices d’entraînement.

Chez Thanouni (n° 74), les recrues font des mouvements d’ensemble sous la

conduite de leurs sous-officiers, naturellement armés de bâtons (fig. 199). On remarquera la figure du tambourinaire hirsute qui fait un geste de salut.

Les cochers ne sont pas très nombreux dans les représentas tions, car le char était d'importation récente en Egypte au commencement de la XVIIIe dynastie.

Chez Kaemhat,

FIG. 205. (Phot. W. Wreszinski.) TOMBEAU D’HOREMBEB. le groupe des Musiciens et danseurs nègres.

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conducteurs qui attendent leurs maîtres est un tableau tout à fait remarquable (fig. 206).

Mais il faut encore attirer l’attention sur une catégorie d’Egyptiens des plus rustiques. Leur aspect permet de les distinguer facilement des autres figures. On les trouve surtout dans les scènes de pêche, de tenderie, de récolte de papyrus. Chez Horemheb (n° 78), c’est un vieux trappeur représenté à côté d’un groupe pittoresque de pélicans (fig. 201). Chez Pouymre (n° 39), nous voyons un de ces hommes des marais portant une botte de papyrus (fig. 202), nettoyant des poissons. Chez Nakht (n° 52), ils vident des oies et des canards destinés aux conserves (fig. 208) ; ils exercent toujours les métiers inférieurs que dédaignent les autres.

Mais on ne se contente pas de représenter les petites gens travaillant pour leur maître, on les dépeint même à l’heure du repos ou du plaisir. Déjà chez Menna nous avons vu des ouvriers endormis, ou jouant de la flûte à l’ombre d’un grand arbre. Chez Ouserhat (n° 56) toute la bande des travailleurs se délasse. Quelques-uns sont assis par terre, d’autres sur des tabourets ; il y a en deux qui se partagent un siège (fig. 204). Tandis que les uns dorment, la tête aux genoux, d’autres confient aux barbiers le soin de leur toilette. Chez Horemheb (n° 78), une troupe de musiciens et de danseurs nègres mettent à leurs divertissements toute l’ardeur et la conviction si caractéristiques chez les. Soudanais modernes (fig. 205).

Mais la grande fête à laquelle les peintures et les reliefs font souvent allusion, c'est, après le mesurage du grain, quand il ne reste plus qu’à engranger, la célébration de la fin des récoltes.

On s’y livrait à des danses, à des exercices d’acroba- | tie accompagnés de sacrifices à la déesse Renenoutet. Dans les tableaux consacrés à cetté fete.

un détail avait longtemps intrigué les archéologues. Précisément au-dessus

FIG. 207. (Phot. N. de G. Davies.) TOMBEAU DE NAKHT. : Vannage et mesurage du grain. de la scène du van-

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