CHAPITRE XVII. LA TERRE DES MORTS
Jusqu’à ce moment, l’habitude devait être de réunir en un tout architectural la sépulture proprement dite et le temple funéraire. Aménophis Ier modifia cet usage. C’est assez loin de sa tombe, près de la ligne de démarcation entre les terres cultivées et Îe désert, que quelques blocs, épars à la surface du sol, ont été reconnus pour les restes d’un édifice consacré au culte du roi et de sa mère Ahmes-Nefertari. C’est le premier exemple bien clair de la séparation des deux parties fondamentales de la sépulture royale. À partir de cette époque ce sera la coutume constante.
Bien peu de ces temples funéraires ont survécu ; des fouilles ont mis au jour les fondations de plusieurs autres. Contentons-nous d’une rapide revue de ces édifices, en les classant par ordre chronologique. Nous ne reviendrons pas sur l’analyse générale du temple d’'Hatshepsout (fig. 218) ; il suffira de rappeler que son caractère funéraire ressort clairement du fait qu’il comprend un sanctuaire d’Anubis, le guide des morts, un sanctuaire d’Hathor, la maîtresse de la montagne d'Occident, et que la reine y recevait un culte nettement mortuaire dans une chapelle méridionale de la plate-forme supérieure. Au centre, il y a le sanctuaire d’Amon où, comme nous l’avons dit, la reine défunte pouvait continuer à perpétuité ses fonctions sacerdotales, devant le grand dieu de Thèbes ; en outre on lui a ménagé un temple solaire de type spécial, au Nord de la terrasse supérieure. Ce dernier, défiguré par les destructions, se composait d’un vestibule et d’une cour occupée presque entièrement par un autel dont l'escalier est à l'Ouest. L’officiant y montait pour consacrer les offrandes, face au soleil levant.
Le temple de Kourna, qui se trouve presque à Pentrée de la Vallée des Rois est, en majeure partie, l’œuvre de Sethi Ie"; il a été achevé par RamsèsII.
constructions : le centre est la chapelle funéraire de
roi, Ramsès Ier ; au Nord, la cour contenait également un autel solaire.
Le Ramesseum, qui a été démoli plus qu’à moi-
br CEA ù FIG. 217. (Phot. J. Capart.) DEIR EL BAHARI. tié, occupait à peu près le Tombes de la xI® dynastie creusées dans la falaise.
DÉAÉBES EX
FiG. 218 (Phot. J. Capart.)
DEIR EL BAHARI. Vue générale du cirque.
centre de la nécropole (fig. 219 ét 220). DES grande cour aux imposants piliers osiriaques, la disposition des portes montre que l'édifice était divisé en plusieurs parties :aucentre, le temple réservé spécialement à Ramsès II, au Sud, les appartements de son père Sethi Ie". On peut supposer que,
dans la partie Nord, entièrement bouleversée, se trouvait le temple solaire. À Medinet Habou (fig. 221), les chambres consacrées au culte funéraire du roi sont à la partie Sud, et le temple solaire a sa place régulière au Nord. Mais nous le savons déjà, les autres temples des grands rois de la xvIrI* et de la xix° dynastie ont été entièrement détruits ; c’est le cas pour Thoutmès IL, Aménophis II, Thoutmès IV et pour Aménophis III dont les colosses seuls : mar-
quent encore l’emplacement du monument grandiose.
Les tombes des grands personnages sont groupées surtout à quatre endroits : Drah Abou el Negga, Cheikh abd el Kourna, Kournet Mourraï et Deir el Medineh.
À l’époque de la plus grande prospéritésde l'émpires c’est Cheikh abd el Kourna qui avait le
(Phot. aér. P. Kofler.)
RAMESSEUM. Le temple et ses dépendances.
LÉ